Photo : Arild Vågen, CC BY-SA 4.0, 2015. Bichrome Khallot.
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Nobel 2026 : Hall et Woodford, ou pourquoi une banque centrale parle autant
Le 12 octobre, l'Académie royale des sciences de Suède a récompensé Robert E. Hall (Stanford) et Michael Woodford (Columbia) « pour les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique ».
Hall montre en 1978 que si les ménages consomment selon leurs anticipations de revenu, les variations de leur consommation sont imprévisibles : elles ne changent qu'avec une information nouvelle. Avec Frederic Mishkin, en 1982, il estime sur données individuelles qu'environ 80 % des ménages se comportent ainsi ; les autres vivent « au jour le jour ».
Woodford rassemble en 2003, dans un livre, un modèle nouveau-keynésien à trois équations : des prix rigides, un taux d'intérêt naturel repris de Wicksell, des entreprises qui fixent leurs prix en anticipant. Conséquence pratique : la crédibilité et la transparence d'une banque centrale deviennent des instruments à part entière.
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Depuis la critique de Lucas, une politique de stabilisation ne peut plus s'appuyer sur des corrélations supposées stables, comme la courbe de Phillips. Le modèle de Woodford, récompensé par le Nobel 2026, la fonde sur les anticipations des ménages et des entreprises : une banque centrale agit donc autant par ce qu'elle annonce que par ce qu'elle décide.
Attention. Le comité précise qu'après un choc d'offre négatif, comme une flambée de l'énergie, ce modèle recommande de freiner par une hausse des taux, à rebours des réponses des années 1970 : à relier à 2026. La critique de Lucas (Nobel 1995) précède les lauréats ; ne la leur attribue pas.