KhallotB/L · N° 1

La Semaine

dimanche 18 octobre 2026Faits du 12 au 18 octobre 20263 faits · 4 min de lecture

Ce qui s'est passé, choisi pour ton programme. En marge, en bleu, où le fait sert, comme dans la marge d'une copie corrigée ; en vert, ce que tu peux écrire. Chaque chiffre est contrôlé contre le texte de sa source, puis relu.

À la une · Économie

Qui paie la dette ? Les intérêts reprennent leur part des budgets

Le 14 octobre, le FMI a publié un billet tiré de son Moniteur des finances publiques : entre février et septembre, le rendement moyen des obligations d'État à dix ans des pays du G7 a gagné plus d'un point de pourcentage, à son plus haut niveau depuis près de vingt ans.

Selon le Fonds, le coût moyen de financement des États passerait de 2,3 % en 2021 à 3,7 % en 2031. Aux États-Unis, les intérêts atteindraient 5,7 % du PIB en 2031, à peu près autant que la Sécurité sociale, premier programme de prestations du pays. Dans les pays à faible revenu, ils absorbent déjà plus de 15 % des recettes fiscales.

En France, le projet de budget pour 2027 prévoit une charge d'intérêts de 91,2 milliards d'euros, contre 79,2 milliards en 2026. Pour le Haut Conseil des finances publiques, c'est la plus forte hausse de dépenses de 2027 (+12 Md€), et elle « absorbe une part importante de l'effort d'économies ».

Coût moyen de financement des États, en %
20212,320313,7

2031 : projection. Source : FMI, 14 octobre 2026.

À écrire dans ta copie

Selon le FMI (octobre 2026), le coût moyen de financement des États passerait de 2,3 % en 2021 à 3,7 % en 2031. Chaque euro d'intérêts versé aux créanciers manque à l'investissement public et à la protection sociale : le coût de la dette se lit d'abord dans les arbitrages budgétaires qu'il impose.

Attention. Ce sont des projections. Et la question « qui paie ? » a deux faces : le contribuable, par l'impôt ou les dépenses supprimées, et l'épargnant qui détient les titres et perçoit les intérêts. Le FMI rappelle aussi que, dans un nombre croissant de pays, le taux payé sur la dette nouvelle dépasse la croissance nominale attendue : il faut alors un solde primaire plus fort pour stabiliser la dette.

ÉconomieÉconomie

02 · Économie

Chine : +29,6 % d'exportations, et le commerce se range par blocs

Le 14 octobre, les douanes chinoises ont publié les chiffres de septembre : les exportations ont progressé de 29,6 % sur un an et les importations de 24,6 %. Sur les neuf premiers mois, le commerce extérieur chinois a crû de 18,8 %, son rythme le plus rapide depuis cinq ans pour cette période.

La composition change autant que le volume : sur neuf mois, les exportations de circuits intégrés ont presque doublé (+99,1 %), celles de véhicules électriques ont augmenté de 72,3 %. Selon ses douanes, la Chine reste le premier commerçant de marchandises au monde.

L'Organisation mondiale du commerce (OMC), dans ses perspectives d'octobre, nuance l'image d'un monde coupé en blocs : l'écart entre le commerce à l'intérieur des blocs géopolitiques et le commerce entre blocs s'est réduit en 2025 et 2026. Mais le découplage commercial entre les États-Unis et la Chine s'accélère depuis 2025 et en est désormais le principal moteur.

À écrire dans ta copie

En septembre 2026, les exportations chinoises progressent de 29,6 % sur un an (douanes chinoises), tandis que l'OMC constate une accélération du découplage commercial entre la Chine et les États-Unis depuis 2025. L'interdépendance se réorganise selon les rivalités géopolitiques, et le « doux commerce » s'affaiblit précisément entre les deux puissances dont la rivalité compte le plus.

Attention. Chiffres en yuans, publiés par les douanes chinoises et relayés par l'agence officielle Xinhua, sans contrôle indépendant. La thèse du « doux commerce » vise la guerre ouverte : des échanges intenses n'empêchent ni les guerres commerciales ni les sanctions.

SociologieSociologie

03 · Sociologie

1946 : 8 millions d'abstentionnistes pour fonder une République

Le 13 octobre 1946, il y a 80 ans, les Français approuvent par référendum la Constitution de la IVe République : 9,3 millions de « oui » (53,2 %) contre 8,2 millions de « non ». Près de 8 millions d'électeurs se sont abstenus, selon l'Assemblée nationale.

C'est le second référendum constituant de l'année : le 5 mai 1946, un premier projet avait été rejeté à 58,2 %. Le texte adopté est promulgué le 27 octobre.

La Constitution inscrit le référendum parmi les deux voies par lesquelles le peuple exerce sa souveraineté en matière constitutionnelle (article 3), et fait électeurs les Français « majeurs des deux sexes » (article 4). Les citoyens consultés boudent donc, en nombre, le scrutin qui fonde ces règles.

À écrire dans ta copie

Au référendum du 13 octobre 1946, près de 8 millions d'électeurs s'abstiennent (Assemblée nationale) sur un texte fondateur, cinq mois après le rejet d'un premier projet. L'abstention n'est donc pas née avec la « crise de la représentation » : son niveau dépend de l'enjeu perçu, de la répétition des scrutins et des consignes des partis.

Attention. Rapporte toujours un chiffre à sa base : les 53,2 % de « oui » sont des suffrages exprimés ; rapportés aux inscrits, ils pèsent bien moins. La page de l'Assemblée donne aussi un taux de bulletins blancs douteux : ne le reprends pas.

Les photos sont recadrées et passées en bichromie par Khallot ; chacune reste sous la licence de l’original, indiquée dans les crédits.