Photo : International Monetary Fund, domaine public. Bichrome Khallot.
3,7 %
Le coût moyen de financement des États prévu par le FMI en 2031, contre 2,3 % en 2021.
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Dette publique : quand le taux d'intérêt dépasse la croissance
Le 14 octobre, le FMI a présenté son Moniteur des finances publiques. Son avertissement : la hausse des taux longs rend les dettes élevées plus lourdes à porter. Le coût moyen de financement des États passerait de 2,3 % en 2021 à 3,7 % en 2031.
Le mécanisme tient dans une fraction. Le ratio d'endettement rapporte la dette au PIB : la dette grossit au rythme du taux d'intérêt (r), le PIB à celui de la croissance (g). Dans un nombre croissant de pays, le taux payé sur la dette nouvelle dépasse désormais la croissance nominale attendue ; le ratio monte alors, sauf si l'État dégage un excédent primaire.
Or le déficit primaire mondial, d'environ 3,3 % du PIB en 2026, devrait être ramené vers 2,6 % pour stabiliser la dette dès cette année. Même si les soldes s'améliorent comme prévu, la dette publique mondiale atteindrait 100 % du PIB à la fin de la décennie.
Rodrigo Valdés, directeur des finances publiques du FMI, en tire une consigne pour les pays endettés : consolider « avant que les marchés ne les y forcent ».
À écrire dans ta copie
Selon le FMI (octobre 2026), le taux payé sur la dette nouvelle dépasse désormais la croissance nominale dans un nombre croissant de pays : quand r est supérieur à g, le ratio dette/PIB augmente, sauf excédent primaire. La limite de l'endettement n'est donc pas un seuil fixe : elle dépend de l'écart entre taux et croissance et de la capacité de l'État à dégager un solde primaire.
Attention. Ce sont des projections, pas des constats. Le coût moyen de 3,7 % vaut pour l'ensemble de la dette, qui se refinance sur plusieurs années : le FMI précise que la hausse des taux ne pèse que progressivement. Et un r supérieur à g ne signifie pas défaut : la dette reste soutenable si un excédent primaire suffisant est crédible.