KhallotA/L · N° 3

La Semaine

samedi 31 octobre 2026Faits du 26 au 31 octobre 20265 faits · 12 min de lecture

Ce qui s'est passé, choisi pour ton programme, avec pour chaque fait la phrase pour ta copie. Chaque chiffre est contrôlé contre le texte de sa source, puis relu.

À la uneLettres

Nobel 2026 : Anne Carson, une poésie en dialogue avec les Grecs

Le 8 octobre, l'Académie suédoise a décerné le prix Nobel de littérature 2026 à la Canadienne Anne Carson. Son communiqué récompense « her bold and inventive oeuvre that, in playful dialogue with the classical tradition, has created new forms for contemporary literature » : une œuvre audacieuse et inventive qui, dans un dialogue ludique avec la tradition classique, a créé des formes nouvelles pour la littérature contemporaine.

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L'œuvre d'Anne Carson en six dates, de sa thèse de lettres classiques au prix Nobel.

Née en 1950 à Toronto, Anne Carson est philologue de formation : sa thèse de lettres classiques, Odi et Amo Ergo Sum, paraît en 1981, et elle a toujours mené de front la poésie, la traduction et l'enseignement à l'université. Le comité Nobel tient ses traductions du grec pour des œuvres à part entière : les fragments de Sappho (If Not, Winter, 2002), l'Électre (2001) et l'Antigone (2015) de Sophocle, les Bacchantes d'Euripide (2015).

L'essai Eros the Bittersweet (1986), qui pose selon le comité les fondements de toute son œuvre, part d'un adjectif composé de Sappho qui fait d'Éros à la fois douleur et douceur : c'est la distance entre l'amant et l'aimé qui met le poème en mouvement. Carson y parle d'une vision stéréoscopique, qui tient deux perspectives en équilibre. Sa méthode en découle : rapprocher des voix que tout sépare, le poète grec Simonide et Paul Celan, l'historien Thucydide et Virginia Woolf.

Ses livres brouillent les genres. Autobiography of Red (1998), sous-titré « A Novel in Verse », reprend les fragments du poète grec Stésichore sur Géryon, le monstre ailé et rouge tué par Héraclès, et en fait un roman d'apprentissage moderne. The Beauty of the Husband (2001) se présente comme « A Fictional Essay in 29 Tangos ». Nox (2010), écrit à la mémoire de son frère, est une boîte qui contient un livre en accordéon de photos et de lettres, traversé par l'élégie 101 de Catulle.

Pour une khâgne, l'œuvre éclaire deux points du programme. En composition française, l'axe « Genres et mouvements » : un genre se définit aussi par ses mélanges, comme un roman en vers ou un essai en tangos. En langue et culture anciennes, le thème de 2028, « Connaître et transmettre » : chez Carson, traduire Sappho ou Sophocle produit, selon le comité, des œuvres à part entière.

Depuis les années 1990, souligne le comité, cette œuvre nourrie de collaborations avec des plasticiens, des chorégraphes et des metteurs en scène d'opéra et de théâtre a eu une importance exceptionnelle pour la scène artistique et littéraire internationale.

À écrire dans ta copie

Prix Nobel de littérature 2026, Anne Carson traduit Sappho et Sophocle et a écrit un roman en vers, Autobiography of Red (1998), à partir des fragments de Stésichore : son œuvre montre qu'une tradition antique peut engendrer des formes nouvelles, ce que l'Académie suédoise a récompensé le 8 octobre 2026.

Attention. Ses livres sont écrits en anglais : cite le titre original, et ne prête pas à Carson une traduction française dont tu n'es pas sûr. Le prix couronne l'ensemble d'une œuvre : choisis un titre précis et sache le décrire. L'axe « Genres et mouvements » porte cette année sur l'écriture de l'histoire : Carson n'y vaut que comme exemple.

Au programme

  • composition française, concours 2027 Axe 1 : Genres et mouvements
  • langue et culture anciennes, session 2028 Connaître et transmettre

Déjà tombé

  • « c’est pourquoi le roman est le laboratoire du récit »Composition française, BEL (citation de Michel Butor), 2025
  • « La prose, en ce qu’elle est un régime a priori familier du langage »Composition française, BEL (citation de Jacques Neefs), 2022

Sources

  • 1 Fondation Nobel, communiqué du secrétaire permanent de l'Académie suédoise : « The Nobel Prize in Literature 2026 », 8 octobre 2026
  • 2 Fondation Nobel, biobibliographie d'Anne Carson, par Anders Olsson, président du comité Nobel (document de fond), 8 octobre 2026
  • 3 ENS, programme des concours 2027 (BEL, A/L), 2026

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02Géographie

Guyane : 3,04 enfants par femme, et des bacheliers qui partent

Le 20 octobre, l'Insee a mis à jour son portrait « L'essentiel sur… la Guyane ». Au 1er janvier 2023, 294 000 personnes y résident. C'est, après Mayotte, la région française dont la population croît le plus vite : +1,5 % par an en moyenne entre 2017 et 2023, soit 25 300 habitants de plus en six ans.

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Les ressorts démographiques de la Guyane, d'après l'Insee (20 octobre 2026).

Cette croissance est « exclusivement portée par le solde naturel », l'excédent des naissances sur les décès. La fécondité atteint 3,04 enfants par femme en 2025, contre 1,56 au niveau national, et la moitié de la population a moins de 25 ans. En 2025, 6 623 enfants sont nés en Guyane et 1 178 personnes y sont décédées.

Les migrations jouent en sens inverse. La Guyane reste une région d'immigration, en particulier depuis Haïti et les pays voisins, mais ses échanges avec les autres régions françaises sont devenus déficitaires en 2022. Les départs, alimentés par les jeunes de 18 ans qui partent poursuivre leurs études, ne sont pas compensés par les arrivants, souvent venus pour le travail et plus fréquemment âgés de 25 à 39 ans.

La croissance ralentit pourtant : elle atteignait 2,3 % par an entre 2012 et 2017. Le nombre de naissances baisse pour la cinquième année consécutive et la fécondité est à son plus bas niveau depuis 25 ans, même si elle reste la plus élevée de France après Mayotte.

L'insertion dans l'emploi reste faible. En 2025, 17 % des actifs de la Guyane routière sont au chômage, 9 points de plus qu'en France, et près de la moitié des habitants n'ont pas ou peu de diplôme ; le départ des nouveaux bacheliers vers l'Hexagone abaisse encore le niveau de diplôme sur place. La société est aussi plurilingue : une quarantaine de langues y sont parlées, le créole guyanais par un habitant sur cinq au quotidien, le créole haïtien par un sur dix.

Pour une copie, la Guyane incarne l'un des deux pôles que décrit le cadrage du programme : d'un côté « vieillissement et décroissance démographique pour certains », de l'autre « croissance démographique et immigration fortes pour d'autres ». Elle aide à suivre la consigne du jury, qui invite à interroger une catégorie d'« Outre-mer » qui « tend à homogénéiser des réalités très diverses ».

À écrire dans ta copie

En Guyane, la population croît de 1,5 % par an entre 2017 et 2023 grâce au seul solde naturel (3,04 enfants par femme en 2025, contre 1,56 en France), tandis que les jeunes partent étudier dans l'Hexagone (Insee, 20 octobre 2026) : l'Outre-mer ne forme pas un ensemble démographique homogène.

Attention. La fiche rassemble des données d'années différentes : population au 1er janvier 2023, naissances et fécondité de 2025, migrations de 2022. Le chômage de 17 % ne porte que sur la « Guyane routière ».

Au programme

  • géographie, concours 2027 Les territoires d’Outre-mer français
  • géographie, concours 2027 des dynamiques démographiques très contrastées

Déjà tombé

Programme neuf : pas encore de sujet.

Sources

  • 4 Insee, « L'essentiel sur… la Guyane », chiffres clés et questions-réponses, 20 octobre 2026
  • 3 ENS, programme des concours 2027 (BEL, A/L), 2026

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03Géographie

Outre-mer : une proposition pour fondre les articles 73 et 74

Le 1er octobre, le sénateur Dominique Théophile a déposé une proposition de loi constitutionnelle qui supprimerait les articles 73 et 74 de la Constitution pour créer un « article 73 unique », conçu comme « une boîte à outils constitutionnelle » : chaque territoire y choisirait, après consultation de sa population, son niveau de différenciation.

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Les territoires ultramarins selon la Constitution, et la proposition du 1er octobre 2026.

Aujourd'hui, la Constitution range les territoires ultramarins en deux régimes. Sous l'article 73, « les lois et règlements sont applicables de plein droit », avec des adaptations : c'est le régime de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de La Réunion et de Mayotte. Les collectivités d'outre-mer (article 74) ont chacune un statut fixé par une loi organique : la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna. La Nouvelle-Calédonie relève du titre XIII, et la loi organise à part les Terres australes et antarctiques françaises.

L'exposé des motifs décrit une « mosaïque illisible ». Saint-Barthélemy et Saint-Martin, détachées de la Guadeloupe en 2007 et passées à l'article 74, appliqueraient « à 95 % le droit commun hexagonal ». Saint-Pierre-et-Miquelon, 6 000 habitants, relève du même article que la Polynésie et ses 300 000 habitants. À l'inverse, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, régies par l'article 73, « ne cessent de demander des habilitations » pour s'écarter de la loi commune, quand La Réunion a demandé à en être privée.

Le texte propose cinq outils « à la carte » : le droit commun adaptable, l'habilitation à fixer ses propres règles, le transfert de compétences régaliennes hors socle régalien, l'autonomie normative et fiscale, la participation internationale. Le choix passerait par la consultation des électeurs que l'article 72‑4 impose déjà avant tout changement de régime.

Le chemin serait long. Une révision voulue par des parlementaires doit être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées, puis approuvée par référendum : l'article 89 ne permet de passer par le Congrès que pour un projet du président de la République. Au 1er novembre, le dossier du Sénat ne mentionne que le dépôt du texte.

Pour une copie de géographie, la proposition montre que le statut fabrique l'espace : il décide qui fixe les règles, de la fiscalité au foncier. Le cadrage du programme 2027 attend justement que l'on connaisse « les spécificités institutionnelles de ces territoires et leurs effets spatiaux », et décrit des engagements politiques « oscillant entre demande d'égalité réelle et aspirations à une plus grande autonomie voire à l'indépendance ».

À écrire dans ta copie

Le 1er octobre 2026, une proposition de loi constitutionnelle déposée au Sénat veut remplacer les articles 73 et 74 par un article 73 unique, « boîte à outils » où chaque territoire choisirait son degré de différenciation : la distinction entre les deux articles, fixée par la révision de 2003, est jugée « illisible » par l'auteur du texte.

Attention. Ce n'est qu'une proposition, déposée par un sénateur et pas encore examinée. Une révision d'initiative parlementaire doit, en outre, être approuvée par référendum (article 89).

Au programme

  • géographie, concours 2027 Les territoires d’Outre-mer français
  • géographie, concours 2027 des statuts juridiques et des organisations politiques pour partie dérogatoires

Déjà tombé

Programme neuf : pas encore de sujet.

Sources

  • 5 Sénat, proposition de loi constitutionnelle n° 2 (2026-2027) visant à refonder le statut constitutionnel des outre-mer, exposé des motifs, 1er octobre 2026
  • 6 Conseil constitutionnel, texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur (articles 72-3, 72-4, 73, 74 et 89) (document de fond), 1er novembre 2026
  • 7 Sénat, dossier législatif « Refonder le statut constitutionnel des outre-mer », 14 octobre 2026

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04Histoire

1956 : Suez et Budapest, un Conseil de sécurité bloqué deux fois

Le 30 octobre 1956, le Conseil de sécurité se réunit à 16 heures sur l'entrée des forces israéliennes en Égypte. Le projet américain demande à Israël de retirer immédiatement ses forces derrière les lignes d'armistice. Il recueille 7 voix, dont celles des États-Unis et de l'URSS ; la France et le Royaume-Uni votent contre, l'Australie et la Belgique s'abstiennent.

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Les votes de l'ONU du 30 octobre au 4 novembre 1956, sur Suez et sur la Hongrie.

Les deux votes négatifs venant de membres permanents, le texte n'est pas adopté. Un projet soviétique, tiré du texte américain, échoue de la même façon.

Le même jour, au département d'État, le secrétaire d'État adjoint William Rountree reçoit l'ambassadeur d'Égypte. Il lui dit que Washington n'a appris les demandes britanniques et françaises adressées à Israël et à l'Égypte que par la presse, et que le président a écrit à Eden et à Mollet pour leur demander de renoncer à l'action envisagée.

L'ambassadeur y voit un complot ourdi par Israël, la Grande-Bretagne et la France. Rountree distingue deux questions : l'invasion de l'Égypte, pour laquelle Washington veut un retrait israélien aussi rapide que possible, et le canal de Suez, qui demande une solution acceptable par tous.

Le même jour, Moscou publie une déclaration qui promet aux États socialistes des relations fondées sur une complète égalité, l'indépendance et la non-ingérence. Le 4 novembre, alors que les forces soviétiques répriment le soulèvement hongrois, le Conseil de sécurité, réuni à 3 heures du matin, vote un projet américain qui demande à l'URSS de retirer ses forces de Hongrie. Il recueille 9 voix mais échoue sur le veto soviétique.

Dans les deux crises, l'Assemblée générale prend le relais. Sur Suez, réunie en session d'urgence le 1er novembre, elle adopte la résolution 997, qui demande un cessez-le-feu immédiat, par 64 voix contre 5 et 6 abstentions. Sur la Hongrie, le Conseil la saisit le 4 novembre par 10 voix contre 1, celle de l'URSS, au titre de la résolution 377 A de 1950.

Pour une copie sur les relations Est-Ouest, la semaine montre un monde moins strictement bipolaire qu'on ne le dit : à Suez, Washington vote avec Moscou contre ses propres alliés, Paris et Londres ; à Budapest, l'URSS bloque seule le Conseil. Deux fois paralysé par des membres permanents, le Conseil de sécurité laisse l'Assemblée générale parler au nom de l'ONU.

À écrire dans ta copie

Le 30 octobre 1956, États-Unis et URSS votent ensemble au Conseil de sécurité pour exiger le retrait israélien d'Égypte, mais les votes négatifs de la France et du Royaume-Uni font échouer le texte ; le 4 novembre, c'est le veto soviétique qui bloque le projet sur la Hongrie (FRUS).

Attention. Le vote commun des deux Grands n'est pas une alliance : la crise hongroise se joue la même semaine. La note parle des « votes négatifs » de membres permanents, ce que le cours appelle un veto.

Au programme

  • histoire, concours 2027 Les relations Est-Ouest de 1917 à 1991.

Déjà tombé

  • « La crise de 1956 dans le Moyen-Orient »Oral d'histoire A/L, ENS, 2026
  • « Suez, 1956 »Oral d'histoire A/L, ENS (tronc commun), 2023

Sources

  • 8 FRUS 1955-1957, Suez Crisis, vol. XVI, doc. 439 : « Editorial Note » (Conseil de sécurité, 30 octobre 1956), 30 octobre 1956
  • 9 FRUS 1955-1957, Suez Crisis, vol. XVI, doc. 438 : entretien entre l'ambassadeur d'Égypte (Hussein) et le secrétaire d'État adjoint (Rountree), Washington, 30 octobre 1956 (document de fond), 30 octobre 1956
  • 10 FRUS 1955-1957, Suez Crisis, vol. XVI, doc. 467 : « Editorial Note » (Assemblée générale, 1er-2 novembre 1956), 2 novembre 1956
  • 11 FRUS 1955-1957, Eastern Europe, vol. XXV, doc. 164 : « Editorial Note » (Conseil de sécurité, 4 novembre 1956), 4 novembre 1956
  • 12 CVCE, « Declaration by the Soviet Government (Moscow, 30 October 1956) », 30 octobre 1956
  • 3 ENS, programme des concours 2027 (BEL, A/L), 2026

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05Histoire

27 octobre 1946 : le vote des femmes entre dans la Constitution

Le 27 octobre 1946, la Constitution de la IVe République est promulguée, deux semaines après son approbation par référendum, le 13 octobre, par 9,3 millions de voix. Elle paraît au Journal officiel du 28 octobre.

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Les étapes du vote des femmes en France, de 1936 à la Constitution de 1946.

Son article 4 fait électeurs « tous les nationaux et ressortissants français majeurs des deux sexes », dans les conditions déterminées par la loi. Son préambule ajoute que « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme ».

La Constitution inscrit un droit déjà acquis. Sur un amendement du délégué communiste Fernand Grenier, adopté le 24 mars 1944 par l'Assemblée consultative d'Alger, l'ordonnance du 21 avril 1944 dispose en son article 17 que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Elles votent pour la première fois aux municipales du 29 avril 1945.

Le droit venait tard. Selon l'Assemblée nationale, de 1919 à la Seconde Guerre mondiale, la Chambre des députés adopte plusieurs propositions de suffrage féminin, que le Sénat repousse ou n'examine pas. La dernière tentative date de 1936 : le 30 juillet, la Chambre du Front populaire adopte le texte de Louis Marin par 488 voix contre 1, mais la guerre survient avant que le Sénat s'en saisisse.

Le premier vote national des femmes a lieu le 21 octobre 1945 : les électeurs élisent une assemblée et décident le même jour, par référendum, à 96 % des votants, qu'elle sera constituante. 586 députés sont élus, dont 33 femmes. Le scrutin étend aussi le suffrage aux militaires.

Pour une copie sur le vote en France, la chronologie distingue trois moments qu'on confond souvent : l'ouverture du droit (l'ordonnance de 1944), son premier exercice (les municipales de 1945) et sa consécration constitutionnelle (1946). Elle montre aussi où se situait l'obstacle : moins dans l'opinion des députés, qui avaient voté le suffrage féminin dès l'entre-deux-guerres, que dans le Sénat de la IIIe République.

À écrire dans ta copie

Promulguée le 27 octobre 1946, la Constitution de la IVe République fait électeurs les Français majeurs « des deux sexes » (article 4) : elle inscrit dans le texte fondamental un droit ouvert par l'ordonnance du 21 avril 1944 et exercé pour la première fois le 29 avril 1945.

Attention. La Constitution consacre le vote des femmes sans l'instaurer. Et l'article 4 renvoie à la loi les conditions de l'électorat : il pose un principe, la loi électorale fixe les règles.

Au programme

  • histoire, concours 2027 Voter en France de 1848 à 2002.

Déjà tombé

  • « Les combats d’Hubertine Auclert »Oral d'histoire A/L, ENS (tronc commun), 2023

Sources

  • 13 Conseil constitutionnel, « Constitution de 1946, IVe République », 18 octobre 2026
  • 14 Assemblée nationale, Histoire et patrimoine : « Référendum pour une nouvelle Constitution », 15 octobre 2026
  • 15 Assemblée nationale, « Vers la reconnaissance de la citoyenneté des femmes » (70e anniversaire du vote des femmes, 2015) (document de fond), 2015
  • 3 ENS, programme des concours 2027 (BEL, A/L), 2026

16 extraits vérifiés mot pour mot

Les photos sont recadrées et passées en bichromie par Khallot ; chacune reste sous la licence de l’original, indiquée dans les crédits.