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Inflation à 3,4 % : la BCE a débattu d'une hausse de ses taux
Le 30 octobre, l'Insee a estimé l'inflation d'octobre à 3,4 % sur un an, contre 0,9 % un an plus tôt.1 La veille, la Banque centrale européenne avait laissé ses taux inchangés, après avoir débattu d'une hausse.2
Un choc venu de l'énergie
La hausse vient d'abord de l'énergie. Ses prix accéléreraient pour le quatrième mois de suite, tirés par le gaz et les produits pétroliers, et monteraient de 24,1 % sur un an, alors que l'énergie ne pèse que 764 pour 10 000 dans l'indice.1
La hausse est plus forte qu'en Allemagne. Mesurée par l'indice harmonisé, celui qui permet de comparer les pays de la zone euro, l'inflation atteint 3,8 % en France1, contre 2,8 % en Allemagne selon l'estimation provisoire de l'office fédéral de la statistique.5
Une hausse débattue, puis reportée
Le 29 octobre, le Conseil des gouverneurs a débattu d'une hausse des taux. Il a décidé à l'unanimité d'attendre, au vu d'une incertitude qui grandit et d'une inflation sous-jacente restée à peu près stable, et a laissé son taux de dépôt à 2,50 %.2, 3 Christine Lagarde a ajouté que la situation actuelle « aurait pu justifier une hausse » et que, si les données à venir la confirment, « la direction est assez claire ».2
Les conditions de financement se sont déjà resserrées : le rendement moyen des emprunts d'État à dix ans a monté d'environ 35 points de base depuis la préparation des projections de septembre.2
Le troisième étage, celui des salaires
Christine Lagarde distingue trois étages du choc : l'effet direct sur le prix de l'énergie, que la BCE voit nettement ; les effets indirects sur le coût des autres produits, dont elle constate la hausse ; et les effets de second tour, quand les salaires suivent les prix, qui exigeraient une décision de politique monétaire. Pour l'instant, elle ne voit pas de risque de second tour au-delà de ce que prévoyaient les projections de septembre ; dans la zone euro, la rémunération par salarié a ralenti à 3,3 % sur un an au deuxième trimestre.2
Le fait oppose deux lectures d'une même hausse. Tant qu'elle reste un choc d'offre importé, monter les taux freinerait l'activité sans faire baisser le prix du gaz. Si elle se diffuse aux salaires et aux autres prix, elle s'entretient d'elle-même. La BCE se donne jusqu'à décembre, avec de nouvelles projections, pour trancher.2
À écrire dans ta copie
Selon l'Insee, l'inflation atteint 3,4 % en octobre 2026, portée par l'énergie1 ; la BCE, qui a débattu d'une hausse de ses taux, attend décembre pour trancher.2 L'effet d'un choc sur les prix dure moins que celui d'un marché du travail en surchauffe, montrent Bernanke et Blanchard pour les États-Unis.4
Une problématiqueUne banque centrale doit-elle réagir à un choc d'énergie ?
Attention. Le chiffre de l'Insee est provisoire (définitif le 13 novembre) ; l'indice harmonisé, que suit la BCE, donne 3,8 %.1 Aucune hausse n'est annoncée pour décembre : la BCE décide « réunion par réunion ».3 Bernanke et Blanchard étudient les États-Unis d'après la pandémie.