CCINP · Chimie · PC
4 heures
LES ÉCRITS · MÉTHODE
Le limitant, l’écart normalisé, et les dix pour cent qu’on laisse
Les rapports relèvent deux défauts opposés qui coûtent le même temps : la réponse bavarde, qui explique le phénomène microscopique quand on demandait un mot de vocabulaire, et la réponse tronquée, qui s’arrête avant la deuxième moitié de la question. Relis l’énoncé après avoir répondu : compte les demandes, compte tes réponses.
Une vue de Cram claire vaut un paragraphe. Mets la chaîne carbonée principale dans le plan de la feuille et dispose les substituants de part et d’autre : c’est la convention que le jury attend, et sans elle une élimination E2 ou une configuration relative ne se justifie pas. Un mécanisme porte des flèches courbes sur les étapes d’addition et d’élimination ; les échanges de protons peuvent s’en passer.
La confusion entre état initial et état final est l’erreur la plus régulièrement signalée sur les questions d’équilibre. Trois lignes de tableau la rendent impossible. C’est trente secondes, et cela sécurise toute la suite d’une partie.
Détermine le réactif en défaut, puis calcule. Et lis ce que la question demande : un rendement par produit n’est pas un rendement global sur l’ensemble des diastéréoisomères. Beaucoup de candidats calculent juste sur la mauvaise grandeur.
Un résultat expérimental se valide par l’écart normalisé — le z-score — et non par l’écart relatif : les rapports notent que les candidats mélangent les deux termes. Pour un modèle, regarde les résidus : si les points sont répartis au hasard autour de la droite, dis-le ; s’ils dessinent une courbe, le modèle est en cause.
Une valeur ne se donne pas avec les décimales que le logiciel affiche, mais avec celles que l’incertitude autorise. C’est la dernière ligne d’une exploitation, elle se perd tout le temps, et elle ne coûte rien à écrire juste.
Les questions de fin de sujet — titrages exploités, incertitudes, boucles Python — sont traitées par moins de 10 % des candidats alors que le barème les compte plein. Une tentative amorcée et expliquée y rapporte plus qu’une question facile de plus, parce que presque personne n’y est.
Concours par concours : le format, les chiffres et ce que les rapports répètent d’une session à l’autre.
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3 heures · moyenne 10,3 en 2023
8 situations de concours. Lis la situation, cherche la méthode de tête, puis ouvre : méthode, exemple résolu, piège. Vérifie que chaque résultat figure à ton programme : un théorème hors programme se redémontre avant d’être utilisé.
Exemple résolu. Ag⁺ + Cl⁻ = AgCl(s), K = 1/Ks = 10^9,75. On mélange de sorte que [Ag⁺] = [Cl⁻] = 10⁻³ mol/L : Q = 1/(10⁻³ × 10⁻³) = 10⁶ < K, donc le précipité se forme.
Le piège. Mettre la concentration du solvant ou d’un solide dans Q, ou oublier de tenir compte de la dilution due au mélange.
Exemple résolu. Acide éthanoïque, c = 0,10 mol/L et pKa = 4,8 : pH = ½(4,8 + 1,0) = 2,9. Vérification : 2,9 ≤ 4,8 − 1, l’hypothèse tient.
Le piège. Appliquer la formule sans vérifier l’hypothèse : pour un acide très dilué ou assez fort, elle donne un pH faux.
Exemple résolu. 10,0 mL d’acide chlorhydrique titrés par une solution de soude à 0,100 mol/L, équivalence à 12,5 mL : c = 0,100 × 12,5/10,0 = 0,125 mol/L.
Le piège. Oublier les coefficients stœchiométriques (diacide, par exemple), ou confondre la demi-équivalence, où pH = pKa pour un acide faible, avec l’équivalence.
Au concours, d’après les jurys.
Exemple résolu. Si t½ reste le même quand on double [A]₀, la réaction est d’ordre 1 par rapport à A ; s’il est divisé par deux, elle est d’ordre 2.
Le piège. Oublier le coefficient stœchiométrique : pour 2A → produits avec v = k[A], v = −½·d[A]/dt, donc la pente de ln[A] vaut −2k.
Au concours, d’après les jurys.
Exemple résolu. MnO₄⁻/Mn²⁺ : MnO₄⁻ + 8 H⁺ + 5 e⁻ = Mn²⁺ + 4 H₂O. Le manganèse passe de +VII à +II : cinq électrons, ce qui confirme l’écriture.
Le piège. En milieu basique, laisser des H⁺ : ajoute autant d’ions HO⁻ des deux côtés pour les transformer en H₂O.
Au concours, d’après les jurys.
Exemple résolu. Fe³⁺ + e⁻ = Fe²⁺, E° = 0,77 V : E = 0,77 + 0,059·log([Fe³⁺]/[Fe²⁺]). Si [Fe³⁺] = 10·[Fe²⁺], E = 0,83 V.
Le piège. Oublier les ions H⁺ dans le logarithme : pour MnO₄⁻/Mn²⁺, le potentiel dépend du pH.
Au concours, d’après les jurys.
Exemple résolu. Le (R)-2-bromobutane traité par l’ion iodure dans l’acétone donne le (S)-2-iodobutane : inversion de Walden, mécanisme SN2 (carbone secondaire, bon nucléophile, solvant polaire aprotique).
Le piège. Déduire l’inversion du seul changement de descripteur R/S : l’inversion est géométrique, et le descripteur peut ne pas changer si l’ordre des priorités change.
Au concours, d’après les jurys.
Exemple résolu. Pour ΔrG° = −10 kJ/mol à 298 K : K = exp(10 000/(8,314 × 298)) ≈ 57.
Le piège. Mélanger kJ et J dans l’exponentielle : ΔrG° en J/mol si R = 8,314 J/(K·mol).
Citations des rapports de jury, qui sont des documents publics. Ta filière peut avoir d’autres jurys : vérifie le rapport de ton concours.
« Les questions de programmation et de calcul d’incertitudes ont été trop peu abordées par les candidats (Q24, Q39, Q49 et Q50) alors qu’elles représentaient plus de 10 % du barème. »
Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filière PC, épreuve de chimieUn dixième de la note laissé de côté, sur des questions courtes. C’est le meilleur rapport points/minutes de l’épreuve.
« Il s’agissait de proposer une interprétation des résultats basée sur les interactions intermoléculaires ; une simple description n’a donné aucun point. »
Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filière PC, épreuve de chimie, question Q20« La solubilité augmente » décrit. « Elle augmente parce que les liaisons hydrogène… » interprète. Seule la seconde est payée.
« Trop de candidats oublient de déterminer le réactif limitant avant de se lancer dans un calcul du rendement. »
Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filière PC, épreuve de chimie, question Q8Une ligne avant le calcul : « le réactif limitant est X, car n(X) < n(Y) ». Sans elle, le rendement peut être juste par hasard et faux par méthode.
« Les candidats ont parfois peiné à répondre de façon à la fois précise et concise aux questions posées. Une analyse plus approfondie des questions posées et une rédaction plus rigoureuse permettraient aux candidats de gagner du temps pour aborder plus de questions. »
Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filière PC, épreuve de chimieÉcrire moins et plus juste fait gagner des questions. Le temps perdu n’est pas dans le calcul, il est dans la phrase qu’on délaie.
« Toute tentative de résolution […] a été valorisée. »
Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filière PC, épreuve de chimie, conclusionUne question entamée et expliquée vaut mieux qu’une question blanche. Écris la démarche même quand tu sais que tu n’iras pas au bout.
DANS L’APPLICATION
4 exercices minutés : « Décrire ou interpréter » (20 min), « Les dix pour cent abandonnés » (30 min), « Trois tableaux d’avancement » (15 min), « L’écart normalisé » (20 min). Et une liste de contrôle qui se coche, reliée à ton calendrier de devoirs et à ton journal d’erreurs.
La fiche que tu viens de lire est intégrale : on ne garde rien pour soi. L’application ajoute ce qui demande d’être minuté, coché, ou relié à ton propre travail.
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