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LES ÉCRITS · MÉTHODE

Maths · sécuriser les débuts, exploiter les annales

B/L (ENS, BCE) et ECG · problèmes de 4 heures

L’essentiel

Pas à pas

1 · Gérer le blocage

Après une tentative structurée, quelques minutes sans progrès suffisent pour passer à la suite en admettant le résultat : c’est permis, à condition de le dire. Reviens-y à la fin. Grappiller au hasard dans tout le sujet donne une copie désordonnée et moins bien notée.

2 · S’entraîner par paliers

D’abord des questions isolées, puis des parties chronométrées, puis l’épreuve complète en conditions réelles. Entraîne-toi aussi aux débuts de problèmes en série : plusieurs premières parties d’annales en une séance.

3 · Exploiter chaque annale

Corrige dans l’heure qui suit. Code chaque point perdu : C (cours non su), M (méthode non vue), E (exécution : calcul, rédaction, inattention). L’objectif est de voir baisser C et M. Tiens un cahier des questions classiques manquées, relu régulièrement pendant les révisions.

4 · Savoir ce qui est au programme

Un résultat hors programme ne rapporte rien s’il n’est pas redémontré. Relis le programme officiel de ta filière, et note ce que ton professeur a démontré en plus.

La copie, partie par partie

Les gestes de l’introduction, du développement et de la conclusion, dans l’ordre où on les écrit, avec la phrase du jury qui les fonde.

La lecture du sujet

Dix minutes pour repérer ce qui rapporte, avant d’écrire une ligne.

  1. Repérer les problèmes indépendants. Trois problèmes indépendants à l’ENS B/L : tu peux commencer par le plus abordable.
  2. Marquer les questions de début. Elles sont les plus faciles et les plus valorisées. Dans chaque problème, la difficulté croît.
  3. Lire les résultats donnés. Un « montrer que » te donne le résultat : tu pourras t’en servir plus loin, même sans l’avoir démontré.
  4. Comprendre les notions nouvelles. Ce que l’énoncé définit lui-même se lit attentivement avant d’en avoir besoin.

« Il est donc beaucoup plus judicieux de traiter les questions dans l’ordre, en sautant au besoin quelques questions avec parcimonie, que de tenter de résoudre les questions de fin de problème sans avoir traité le début. »

Rapport du jury 2026, épreuve écrite de mathématiques · banque Lettres et sciences économiques et sociales (ENS)

L’ordre des questions est un guide, pas une contrainte : il te donne les outils dans l’ordre où tu en auras besoin.

Une question

Une démonstration complète et courte, que le correcteur suit sans effort.

  1. Annoncer l’outil. Le théorème ou la propriété, nommé, avec ses hypothèses vérifiées une à une.
  2. Citer ce qu’on réutilise. « D’après la question 3b… » : dis-le, que tu aies réussi cette question ou non.
  3. Être complet. Une loi se donne avec ses paramètres, exprimés avec les notations de l’énoncé ; un résultat se simplifie.
  4. Être court. Presque toutes les questions se règlent en un ou deux arguments. Le délayage ne rapporte rien.
  5. Conclure, et encadrer. Une phrase de conclusion, encadrée ou surlignée. Si la réponse est partielle, dis ce qui manque.

« Ce qui est nécessaire est d’indiquer clairement les résultats des questions précédentes que l’on utilise, peu importe si on a réussi ou non à les démontrer. »

Rapport du jury 2022, épreuve écrite de mathématiques · banque Lettres et sciences économiques et sociales (ENS)

Admettre un résultat et s’en servir proprement rapporte des points ; s’en servir sans le dire n’en rapporte pas.

La présentation

Une copie numérisée, corrigée vite et souvent relue : tout doit se trouver sans chercher.

  1. Numéros visibles, réponses dans l’ordre. Les numéros complets (1a, 1b…), mis en valeur dans la marge. Un problème par copie, remises dans l’ordre à la fin.
  2. Ne jamais recopier l’énoncé. Ni les débuts de phrase qui ne mènent nulle part : « Montrons que… » sans la suite ne rapporte rien.
  3. Le brouillon reste au brouillon. Pas de « tentative infructueuse » au propre. Une réponse fausse se barre nettement, sinon la juste ne compte pas.
  4. Encre noire ou bleue. Les surligneurs et les couleurs pour les résultats, jamais le crayon de papier.

« Dans un tel cas, si le résultat faux n’a pas été clairement barré, les points n’ont pas été attribués. »

Rapport du jury 2026, épreuve écrite de mathématiques · banque Lettres et sciences économiques et sociales (ENS)

Deux réponses à la même question, c’est zéro. Choisis, et barre l’autre.

Ce qu’attend ton jury

Concours par concours : le format, les chiffres et ce que les rapports répètent d’une session à l’autre.

Les méthodes à connaître

12 situations de concours. Lis la situation, cherche la méthode de tête, puis ouvre : méthode, exemple résolu, piège. Vérifie que chaque résultat figure à ton programme : un théorème hors programme se redémontre avant d’être utilisé.

Réduction

Trouver les valeurs propres sans calculer le polynôme caractéristiqueLa matrice a une structure : relation polynomiale, rang faible, sommes de lignes constantes.
  1. Toute valeur propre est racine de tout polynôme annulateur : la liste des candidates est courte.
  2. Le rang donne la dimension du noyau, donc celle du sous-espace propre associé à 0.
  3. Dans ℂ, la trace est la somme des valeurs propres et le déterminant leur produit, comptées avec multiplicité.
  4. Teste des vecteurs simples : si toutes les lignes ont la même somme s, le vecteur (1, …, 1) est propre pour s.

Exemple résolu. J, matrice n × n (n ≥ 2) dont tous les coefficients valent 1 : J² = nJ, donc les valeurs propres sont dans {0, n}. J est de rang 1, donc le sous-espace propre de 0 est de dimension n − 1. La trace vaut n : n est valeur propre simple, de vecteur propre (1, …, 1), et J est diagonalisable.

Le piège. Croire que toute racine d’un polynôme annulateur est valeur propre : X(X − 1) annule Iₙ, mais 0 n’est pas valeur propre de Iₙ.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Multiplicité et sous-espace propre « En fait, pour de trop nombreux candidats, la confusion entre multiplicité d’une valeur propre dans le polynôme caractéristique et dimension du sous-espace propre associé est fréquente. » rapport, p. 8
  • Centrale-Supélec 2025 · Mathématiques 2 MP, MPI · Q2 « De plus, beaucoup trop de candidats semblent penser que si une matrice carrée A vérifie P (A) = 0 pour un certain polynôme non constant P , alors toutes les racines de P sont des valeurs propres de A. » rapport, p. 16 · la question, p. 2
  • Centrale-Supélec 2025 · Mathématiques 2 MP, MPI · Q11 « Signalons que l’égalité de spectre d’une somme de matrices Sp(A + B) = Sp(A) + Sp(B) est un mythe (hormis si A ou B est une matrice scalaire). » rapport, p. 18 · la question, p. 3
Montrer qu’une matrice est diagonalisable, avec les outils de l’ECGL’énoncé demande si A est diagonalisable, ou de la diagonaliser, sans polynôme caractéristique.
  1. Liste les valeurs propres possibles : toute valeur propre est racine d’un polynôme annulateur. Vérifie ensuite chaque candidate λ : elle est valeur propre si A − λI n’est pas inversible.
  2. Calcule la dimension de chaque sous-espace propre, souvent par le rang : dim ker(A − λI) = n − rg(A − λI).
  3. Maths approfondies : A est diagonalisable si et seulement si la somme des dimensions des sous-espaces propres vaut n, et n valeurs propres distinctes suffisent.
  4. Maths appliquées : ces deux résultats ne sont pas au programme. Concatène des familles libres de vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes : la famille obtenue est libre. Si elle compte n vecteurs, c’est une base, la matrice P de ces vecteurs est inversible et P⁻¹AP est diagonale.
  5. Dans les deux voies, une matrice symétrique réelle est diagonalisable, et les valeurs propres apparaissent dans D dans l’ordre des colonnes de P.

Exemple résolu. A = (1 1 ; 0 1). (A − I₂)² = 0, donc 1 est la seule valeur propre possible. Si A était diagonalisable, la matrice diagonale D n’aurait que des 1 : D = I₂, donc A = P·I₂·P⁻¹ = I₂, ce qui est faux. A n’est pas diagonalisable, bien qu’elle soit inversible. Cet argument vaut dans les deux voies.

Le piège. Confondre diagonalisable avec inversible ou symétrique, ou prendre une condition suffisante pour une caractérisation : Iₙ n’a qu’une valeur propre et elle est diagonalisable. En maths appliquées, invoquer la somme des dimensions des sous-espaces propres : le rapport emlyon 2025 rappelle que ce critère n’est plus au programme, et l’EDHEC 2024 dit avoir pénalisé les théorèmes de diagonalisation sortis du programme en 2021.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · Exercice 2, Q5 « (Q5) a) Nous rappelons que la caractérisation des matrices diagonalisables à l'aide de la somme des dimensions des sous-espaces propres n'est plus au programme. » rapport, p. 3
  • BCE 2025 · EDHEC ECG · vecteurs propres « Quant au théorème de concaténation de familles libres de vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes, il est très loin d'être maîtrisé par l'ensemble des candidats. » rapport, p. 2
  • BCE 2024 · emlyon ECG · diagonalisabilité « Trop de candidat.e.s semblent ne pas comprendre la diagonalisabilité. Elle est parfois confondue avec l’inversibilité voire avec la symétrie (égale à sa transposée). » rapport, p. 2

Algèbre euclidienne

Montrer qu’une application est un produit scalaireφ(f, g) est défini par une intégrale ou une somme, et on demande si c’est un produit scalaire.
  1. Bien défini : l’intégrale ou la série converge pour tout couple, souvent grâce à |fg| ⩽ (f² + g²)/2.
  2. Symétrique, puis linéaire à gauche : la bilinéarité suit par symétrie.
  3. Positif : φ(f, f) ⩾ 0.
  4. Défini : si φ(f, f) = 0, l’intégrale nulle d’une fonction continue et positive impose f² = 0 sur l’intervalle ; pour des polynômes, une infinité de racines impose P = 0.

Exemple résolu. Sur ℝ[X], φ(P, Q) = ∫₀^{+∞} P(t)Q(t)e^{−t} dt. L’intégrale converge : P(t)Q(t)e^{−t} est négligeable devant 1/t² en +∞ (croissances comparées). Symétrie et linéarité sont immédiates, et φ(P, P) ⩾ 0. Si φ(P, P) = 0, la fonction continue et positive t ↦ P(t)²e^{−t} est nulle sur [0, +∞[ ; P a une infinité de racines, donc P = 0.

Le piège. Oublier de justifier que l’intégrale existe, ou oublier la continuité dans l’argument « intégrale nulle d’une fonction positive » : une fonction positive non continue peut avoir une intégrale nulle sans être nulle.

Au concours, d’après les jurys.

  • Centrale-Supélec 2024 · Mathématiques 1 PSI · Q19 « […] il ne faut pas oublier de justifier l’existence de l’intégrale définissant le produit scalaire ; il ne faut pas oublier non plus l’hypothèse de continuité pour le caractère défini du produit scalaire […]. » rapport, p. 14 · la question, p. 2
  • Mines-Ponts 2023 · Mathématiques 2 PC · Q12 « Nous aimerions voir écrit clairement qu’une somme de réels positifs est nulle si et seulement si chaque terme est nul. » rapport, p. 81

Suites et séries

Étudier une série à termes positifsLe terme général uₙ est positif, au moins à partir d’un certain rang.
  1. Si uₙ ne tend pas vers 0, la série diverge grossièrement.
  2. Cherche un équivalent ou une majoration par une série de référence : ∑ 1/n^α converge si et seulement si α > 1 ; ∑ qⁿ converge si et seulement si |q| < 1.
  3. Si le terme contient des factorielles ou des puissances n-ièmes, essaie la règle de d’Alembert sur uₙ₊₁/uₙ.
  4. Si uₙ = f(n) avec f monotone, compare la somme à l’intégrale de f.

Exemple résolu. uₙ = ln(1 + 1/n²) est positif et équivalent à 1/n². La série de Riemann ∑ 1/n² converge (α = 2 > 1), donc ∑ uₙ converge.

Le piège. Utiliser un équivalent pour une série de signe variable : (−1)ⁿ/√n et (−1)ⁿ/√n + 1/n sont équivalents, mais la première série converge et la seconde diverge.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2026 · emlyon ECG · séries « Pour les questions de convergence de séries, il est pertinent d’utiliser les outils de comparaison. Il faut néanmoins comparer les termes généraux des séries et pas les séries elles-mêmes. » rapport, p. 3
  • CCINP 2026 · Mathématiques PC · Q30 « Q30 – Les valeurs absolues sont souvent oubliées lors de l’application de la règle de d’Alembert. » rapport, p. 3
  • CCINP 2025 · Oral MP, MPI · d’Alembert « Trop de candidats pensent encore que si <1 (oubli de passage à la limite) alors, d’après un d’Alembert, la série de terme général un converge. » rapport, p. 5
Étudier une suite récurrente uₙ₊₁ = f(uₙ)La suite est définie par son premier terme et une fonction f.
  1. Trouve un intervalle I stable par f et contenant u₀ : tous les termes y restent.
  2. Étudie le signe de f(x) − x sur I : positif, la suite est croissante ; négatif, décroissante.
  3. Une suite monotone et bornée converge.
  4. Si f est continue sur I et que la limite ℓ appartient à I, alors f(ℓ) = ℓ : la limite est un point fixe.

Exemple résolu. u₀ = 1 et uₙ₊₁ = √(2 + uₙ). L’intervalle [0, 2] est stable. Sur [0, 2], √(2 + x) ≥ x, car x² − x − 2 = (x − 2)(x + 1) ≤ 0 : la suite est croissante et majorée par 2, donc converge vers ℓ ∈ [1, 2] avec √(2 + ℓ) = ℓ, soit ℓ = 2.

Le piège. Écrire f(ℓ) = ℓ avant d’avoir prouvé la convergence, ou croire que « f croissante » rend la suite croissante : elle la rend monotone, et le sens dépend du signe de u₁ − u₀.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · suite récurrente « c) Le fait que la suite (un) admette nécessairement une limite est rarement justifié. » rapport, p. 2
  • Agro-Véto 2024 · Modélisation mathématique et informatique BCPST · Suite croissante majorée « — Il est souvent affirmé que « la suite est croissante est majorée par S donc elle converge vers S », alors que cela prouve seulement la convergence. » rapport, p. 3
  • Polytechnique 2023 · Mathématiques PC · Q6 « Une majorité de candidats a incorrectement déduit l'unicité du point fixe à partir de l'unicité de la limite. » rapport, p. 2 · la question, p. 3
Manipuler les équivalents sans se tromperOn cherche un équivalent d’une suite ou d’une fonction, pour une limite ou la nature d’une série.
  1. Produits, quotients et puissances fixées se transmettent : si u ∼ v et w ∼ z, alors uw ∼ vz et u/w ∼ v/z.
  2. Sommes, différences et compositions ne se transmettent pas : passe par un développement limité ou asymptotique, avec un o( ) écrit.
  3. Pour l’exponentielle, e^{u} ∼ e^{v} équivaut à u − v → 0 ; pour le logarithme, factorise d’abord : ln(n + 1) = ln n + ln(1 + 1/n).
  4. Pour prouver u ∼ v, montre que u/v tend vers 1, v ne s’annulant pas à partir d’un certain rang.

Exemple résolu. n + √n ∼ n, mais e^{n + √n} n’est pas équivalent à e^{n} : leur quotient vaut e^{√n}, qui tend vers +∞. De même, (n + 1)^{n+1} n’est pas équivalent à n^{n+1} : leur quotient (1 + 1/n)^{n+1} tend vers e, pas vers 1.

Le piège. Passer un équivalent à l’exponentielle, soustraire deux équivalents, ou annoncer un équivalent nul : seule une suite nulle à partir d’un certain rang est équivalente à 0.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · Problème 1, question 7 « La Question 7. du Problème 1 a permis de mettre en lumière d’énormes difficultés pour une majorité de candidat.e.s à manipuler correctement (et sans écrire de réelles horreurs) les équivalents. » rapport, p. 3
  • Mines-Ponts 2025 · Mathématiques 2 PC · Q19 « Attention, affirmer que ln(n + 1) est équivalent en l’infini à ln(n) sans le justifier par une factorisation dans le logarithme, sera considéré comme une composition d’équivalent et sanctionné. » rapport, p. 72
  • Mines-Ponts 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Développements limités « Les développements limités classiques sont en général bien connus, mais il manque souvent le o, dans les opérations les ordres ne sont pas respectés et il y a presque toujours des erreurs de calcul. » rapport, p. 9

Intégration

Intégrer par parties une intégrale impropre, dans les règles de l’ECGUne intégrale sur [a, +∞[ ou sur ]a, b] demande une intégration par parties ou un changement de variable non affine.
  1. Justifie d’abord la convergence : fonction continue sur l’intervalle, comparaison à une intégrale de référence. ∫₁^{+∞} dt/t^α converge si et seulement si α > 1 ; ∫₀^{+∞} e^{−αt} dt converge si et seulement si α > 0.
  2. Fixe A dans l’intervalle et intègre par parties sur le segment [a, A], avec des fonctions de classe C¹ sur ce segment.
  3. Fais tendre A vers la borne : chaque terme doit avoir une limite finie, que tu justifies.

Exemple résolu. ∫₀^{+∞} t·e^{−t} dt. Pour A > 0, par parties sur [0, A] avec u(t) = t et v(t) = −e^{−t} : ∫₀^A t·e^{−t} dt = [−t·e^{−t}]₀^A + ∫₀^A e^{−t} dt = −A·e^{−A} + 1 − e^{−A}. Quand A → +∞, A·e^{−A} → 0 par croissances comparées et e^{−A} → 0 : l’intégrale converge et vaut 1.

Le piège. Écrire directement des crochets jusqu’à +∞ : le programme ECG réserve l’intégration par parties aux segments, et le rapport EDHEC 2024 l’interdit en toutes lettres. Autre erreur, lourdement pénalisée par emlyon en 2025 : invoquer ∫₀^{+∞} dt/t² au lieu de ∫₁^{+∞} dt/t², alors que la première diverge en 0.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · intégrale de Riemann : ∫₀ au lieu de ∫₁ « Certains mentionnent la convergence de l’intégrale […] au lieu de l’intégrale de Riemann […] lourdement pénalisé. » rapport, p. 2
  • BCE 2024 · EDHEC ECG · intégrale impropre « Le programme interdit de procéder à une intégration par parties sur une intégrale impropre donc il est également interdit d’écrire des crochets d’intégration avec des bornes infinies. » rapport, p. 3

Probabilités

Calculer une espérance avec des indicatricesX compte le nombre d’événements réalisés parmi A₁, …, Aₙ.
  1. Écris X = 1(A₁) + … + 1(Aₙ), où 1(A) vaut 1 si A est réalisé et 0 sinon.
  2. Par linéarité, E(X) = P(A₁) + … + P(Aₙ), sans aucune hypothèse d’indépendance.
  3. Pour la variance, développe : V(X) est la somme des variances plus deux fois la somme des covariances Cov(1(Aᵢ), 1(Aⱼ)) pour i < j.

Exemple résolu. n lettres sont glissées au hasard dans leurs n enveloppes. Avec Aᵢ = « la lettre i est dans sa bonne enveloppe », P(Aᵢ) = 1/n, donc le nombre moyen de lettres bien placées vaut n × 1/n = 1, quel que soit n.

Le piège. Croire que la linéarité de l’espérance demande l’indépendance. C’est la variance d’une somme qui en a besoin, ou au moins des covariances nulles.

Calculer une probabilité par la formule des probabilités totalesL’événement dépend de ce qui s’est passé avant : urne choisie, tirage précédent, état à l’instant n − 1.
  1. Nomme un système complet d’événements (A₁, …, Aₙ) : deux à deux incompatibles et de réunion Ω.
  2. Écris P(B) = P(A₁) P(B | A₁) + … + P(Aₙ) P(B | Aₙ), en sommant sur tous les cas, chacun de probabilité non nulle.
  3. Pour une suite d’états (Xₙ), le système complet est formé des événements (Xₙ₋₁ = j), pour toutes les valeurs j possibles.

Exemple résolu. Urne 1 : 2 boules blanches et 1 noire ; urne 2 : 1 blanche et 3 noires. On choisit l’urne 1 avec probabilité 1/3, l’urne 2 avec probabilité 2/3, puis on tire une boule. Avec le système complet (U₁, U₂) : P(B) = (1/3)(2/3) + (2/3)(1/4) = 2/9 + 1/6 = 7/18.

Le piège. Oublier la somme sur tous les états précédents, ou écrire « A | B » comme s’il s’agissait d’un événement : seule P(A | B) a un sens.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2026 · ESSEC (maths 2) ECG · question 9 « Dans la question 9, la formule des probabilités totales n'est pas souvent évoquée (et un système complet d'événements). » rapport, p. 3
  • BCE 2026 · emlyon ECG · événements et probabilités « Il est fréquent de voir des intersections de probabilités ou des sommes d’événements ce qui n’a bien sûr pas de sens. » rapport, p. 4
  • CCINP 2025 · Oral PSI · probabilités conditionnelles « Probabilités Les définitions et notations doivent être maîtrisées : la distinction entre A ∩ B et A│B est souvent mal faite. » rapport, p. 3
Trouver la loi de Y = g(X) par la fonction de répartitionX a une densité connue, et Y = g(X) avec g simple : affine, carré, logarithme, exponentielle.
  1. Écris F_Y(y) = P(g(X) ≤ y) et transforme l’événement en un événement sur X, en tenant compte du sens de variation de g.
  2. Exprime F_Y à l’aide de F_X, zone de valeurs de y par zone de valeurs.
  3. Vérifie que F_Y est continue et de classe C¹ sauf en un nombre fini de points, puis dérive pour obtenir une densité.

Exemple résolu. X de loi uniforme sur ]0, 1] et Y = −ln(X)/λ, avec λ > 0. Pour y ≥ 0, P(Y ≤ y) = P(X ≥ exp(−λy)) = 1 − exp(−λy) ; pour y < 0, P(Y ≤ y) = 0. Y suit la loi exponentielle de paramètre λ.

Le piège. Oublier de retourner l’inégalité quand g est décroissante, ou dériver avant d’avoir traité les zones où F_Y vaut 0 ou 1.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · fonction de répartition « Le théorème d’inversion n’est pas un résultat du programme, il convient de démontrer la chose à chaque fois et de bien citer la stricte croissance de F . » rapport, p. 3
  • BCE 2025 · EDHEC ECG · fonctions de répartition « Globalement, c'est l'exercice le mieux réussi de l'avis de la majorité des correcteurs bien que la gestion des fonctions de répartition ait souvent posé problème. » rapport, p. 2
  • BCE 2024 · EDHEC ECG · fonctions de répartition « Cet exercice a été relativement bien réussi en ce qui concerne les premières questions mais beaucoup de candidats ont de grosses difficultés à déterminer les fonctions de répartition demandées (souvent on assiste à des parodies de preuve lorsque l’énoncé donne le résultat). » rapport, p. 2
Majorer une probabilité : Markov et Bienaymé-TchebychevOn veut une borne sur P(X ≥ a) ou sur un écart à la moyenne, sans connaître la loi exacte.
  1. Markov : si X ≥ 0 et a > 0, P(X ≥ a) ≤ E(X)/a.
  2. Bienaymé-Tchebychev : si X admet une variance, P(|X − E(X)| ≥ ε) ≤ V(X)/ε² pour tout ε > 0.
  3. La moyenne de n variables indépendantes de même loi, de variance σ², a pour variance σ²/n : c’est le ressort de la loi faible des grands nombres.

Exemple résolu. 1 000 lancers d’une pièce équilibrée, fréquence F de pile : E(F) = 1/2 et V(F) = 1/(4 × 1 000). Donc P(|F − 1/2| ≥ 0,05) ≤ (1/4 000)/0,05² = 0,1.

Le piège. Appliquer Markov à une variable qui peut être négative, ou prendre la borne pour une estimation : elle majore, souvent largement.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2026 · ESSEC (maths 2) ECG · inégalité de Markov « La plupart des candidats ne se soucient pas de la positivité de la variable à laquelle ils appliquent la formule de Markov. » rapport, p. 3
  • CCINP 2025 · Mathématiques PSI · Bienaymé-Tchebychev « L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev est connue, mais trop peu de candidats rappellent l’énoncé général et l’appliquent directement au cas particulier. » rapport, p. 3
  • Mines-Ponts 2025 · Mathématiques 1 MP, MPI · Q6 « L’inégalité de Markov était indiquée, elle était en général bien connue mais souvent mal appliquée. » rapport, p. 65

Informatique

Estimer une probabilité par simulationLe sujet demande une fonction Python qui simule une expérience aléatoire.
  1. Écris une fonction qui réalise une fois l’expérience et renvoie le résultat.
  2. Répète-la N fois et calcule la fréquence de l’événement : c’est une estimation de sa probabilité.
  3. Compare à la valeur théorique quand elle existe ; l’écart-type de la fréquence vaut √(p(1 − p)/N), au plus 1/(2√N).

Exemple résolu. import numpy.random as rd ; X = rd.binomial(10, 0.3, 10000) ; print((X >= 5).mean()) donne une valeur proche de P(X ≥ 5) = 0,1503 pour la loi binomiale de paramètres 10 et 0,3. Avec N = 10 000, l’écart-type de la fréquence est d’environ 0,004.

Le piège. Conclure d’une seule simulation avec un N trop petit : avec N = 100, la fréquence peut s’écarter de plusieurs points de la probabilité.

Ce que dit le jury

Citations des rapports de jury, qui sont des documents publics. Ta filière peut avoir d’autres jurys : vérifie le rapport de ton concours.

« L’épreuve de mathématiques exige rigueur et précision, il est parfaitement inutile et même néfaste de tenter de répondre à un grand nombre de questions si on ne soigne pas la rédaction. »

Rapport du jury 2022, épreuve écrite de mathématiques · banque Lettres et sciences économiques et sociales (ENS) · pour la filière B/L

Mieux vaut six questions impeccables que quinze approximatives. Le barème le dit, pas seulement le correcteur.

« Ainsi, la parfaite résolution des questions de difficulté 1 permettait d’obtenir la note brute de 21, celle des questions de difficulté 1 ou 2 la note brute de 42. Après transformation, ces notes correspondent respectivement aux notes finales de 11.5 et 17. »

Rapport du jury 2022, mathématiques · barème publié ; moyenne des notes finales : 10,1/20 (banque Lettres et sciences économiques et sociales (ENS)) · pour la filière B/L

Traiter impeccablement la moitié facile du sujet donne 17/20. Il n’y a pas de note à aller chercher au fond des problèmes ; il y en a une à ne pas perdre au début.

« Il est donc beaucoup plus judicieux de traiter les questions dans l’ordre, en sautant au besoin quelques questions avec parcimonie, que de tenter de résoudre les questions de fin de problème sans avoir traité le début. »

Rapport du jury 2026, épreuve écrite de mathématiques · banque Lettres et sciences économiques et sociales (ENS) · pour la filière B/L

Le début d’un problème donne les outils de la fin. Le sauter, c’est se priver des deux.

« Un théorème ou résultat de cours utilisé sans mentionner ses hypothèses est sanctionné par une retenue de points. »

Rapport du jury 2025, BCE, mathématiques B/L, conception ESSEC-HEC Paris · pour la filière B/L

Écris les hypothèses avant le « donc », à chaque fois.

« Toute tentative manifeste d’« arnaque » dans un calcul ou un raisonnement peut conduire le correcteur à ne donner aucun point à la question. »

Rapport du jury 2025, BCE, mathématiques B/L, conception ESSEC-HEC Paris · pour la filière B/L

Le même rapport rappelle qu’on peut admettre le résultat d’une question pour poursuivre. C’est toujours la meilleure option.

« Pour avoir 20, il fallait traiter correctement au moins 40% du sujet et pour 16, 30%. »

Rapport du jury 2025, BCE, mathématiques approfondies (ECG), conception ESSEC-HEC Paris — 2 447 copies, moyenne 10,79 · pour la filière ECG

À l’épreuve la plus sélective des écoles de commerce, un tiers du sujet traité sans faute vaut 16. La vitesse ne départage pas ; la justesse, si.

« Pour obtenir 16/20, il fallait faire 41% et pour 20/20, 70% environ. »

Rapport du jury 2025, BCE, mathématiques 2 approfondies (ECG), conception ESCP-HEC Paris — 2 814 copies, moyenne 10,63 · pour la filière ECG

Même ordre de grandeur sur l’autre épreuve : 16 avec moins de la moitié du sujet. En mathématiques appliquées (ESSEC-HEC 2026), 32 % du sujet donnait 13 et 50 % donnait 20.

« Il y a parfois un manque d’honnêteté des candidats. Les IPP aboutissent alors que les primitives sont fausses, changement de variable faux mais bon résultat entouré. »

Rapport du jury 2025, BCE, mathématiques 2 approfondies (ECG), conception ESCP-HEC Paris · pour la filière ECG

Le rapport ajoute que le jury est « extrêmement vigilant » et qu’un manque d’honnêteté « nuit fortement ». Si ton calcul n’aboutit pas, écris-le et admets le résultat : c’est noté comme tel, pas comme une tricherie.

« Recopier une réponse qui se trouve dans la question ne peut pas rapporter de points ! »

Rapport du jury 2026, BCE, mathématiques appliquées (ECG), conception ESSEC-HEC Paris — 2 680 copies, moyenne 9,5 · pour la filière ECG

Le jury précise que ces questions demandent une rédaction plus détaillée, qui convainque que tous les arguments nécessaires ont été vus.

« Beaucoup de candidats affirment que A est inversible juste parce que son rang est maximal, alors qu’elle n’est même pas supposée carrée... »

Rapport du jury 2025, BCE, mathématiques approfondies (ECG), conception ESSEC-HEC Paris · pour la filière ECG

L’erreur type du théorème appliqué hors de ses hypothèses. Avant d’écrire « donc », relis les hypothèses du résultat que tu invoques.

Ce qui sépare un 12 d’un 16

D’après ce que les jurys des concours les plus sélectifs écrivent de leurs meilleures copies.

Justesse d’abord, quantité ensuite

Les barèmes publiés le montrent partout : à l’ENS B/L en 2022, les seules questions faciles et moyennes, parfaitement résolues, donnaient 17 ; en ECG, 30 % du sujet de maths approfondies traité correctement donnait 16. Une question commencée se finit proprement, ou s’arrête sur une phrase qui dit ce qui manque.

Des théorèmes cités avec leurs hypothèses

La BCE B/L retient des points pour un théorème cité sans ses hypothèses ; les rapports ECG relèvent une matrice déclarée inversible parce que son rang est maximal alors qu’elle n’est pas carrée. Connaître ses théorèmes, c’est connaître leurs hypothèses.

Une copie qui se lit sans effort

Le jury ENS B/L le précise : les correcteurs reviennent souvent en arrière sur une copie, et doivent retrouver une question en un coup d’œil. Numéros en marge, résultats encadrés, problèmes séparés.

Une honnêteté visible

Toutes les épreuves disent la même chose : un calcul qui n’aboutit pas, annoncé comme tel, garde la crédibilité du reste de la copie ; un calcul maquillé la fait perdre, et toute ambiguïté est ensuite lue comme une erreur.

Les pièges

DANS L’APPLICATION

Ce qu’une page web ne sait pas faire

2 exercices minutés : « Cinq débuts en une heure » (60 min), « Hypothèses d’abord » (15 min). Et une liste de contrôle qui se coche, reliée à ton calendrier de devoirs et à ton journal d’erreurs.

La fiche que tu viens de lire est intégrale : on ne garde rien pour soi. L’application ajoute ce qui demande d’être minuté, coché, ou relié à ton propre travail.

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