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LES ÉCRITS · MÉTHODE

Mathématiques · la rigueur qui rapporte des points

Nommer le théorème, vérifier ses hypothèses

L’essentiel

Pas à pas

1 · Le triptyque, à chaque application

Hypothèses réunies · nom du théorème · conclusion. Trois lignes, toujours dans cet ordre. C’est le format que le correcteur cherche, et celui qui vous protège : un théorème mal appliqué se voit tout de suite quand ses hypothèses sont écrites.

2 · Nommer, pas allusionner

« Par continuité sur un segment » ne suffit pas ; « d’après le théorème des bornes atteintes, f continue sur le segment [a,b] » suffit. La différence coûte dix secondes et vaut des points.

3 · Le français est une langue, pas une notation

On écrit « il existe un réel x tel que », pas « ∃x ∈ ℝ / ». Les quantificateurs appartiennent aux formules, pas aux phrases. Le jury le rappelle chaque année, ce qui veut dire que chaque année on l’ignore.

4 · La longueur du sujet n’excuse rien

Un sujet long pousse à écrire vite, donc à écrire brouillon. C’est précisément l’erreur que le jury refuse d’excuser. Mieux vaut trois questions rédigées proprement que six griffonnées.

5 · Encadrer, et seulement le résultat

Un résultat encadré se trouve ; un résultat noyé dans une page se cherche. Encadre la conclusion, pas les étapes intermédiaires.

Ce qu’attend ton jury

Concours par concours : le format, les chiffres et ce que les rapports répètent d’une session à l’autre.

Les méthodes à connaître

21 situations de concours. Lis la situation, cherche la méthode de tête, puis ouvre : méthode, exemple résolu, piège. Vérifie que chaque résultat figure à ton programme : un théorème hors programme se redémontre avant d’être utilisé.

Algèbre linéaire

Montrer qu’une famille est une baseOn te donne n vecteurs dans un espace dont tu connais la dimension.
  1. Vérifie que le nombre de vecteurs est égal à la dimension de l’espace.
  2. Montre seulement la liberté : une combinaison linéaire nulle force tous les coefficients à être nuls, ou le déterminant de la matrice des coordonnées dans une base connue est non nul.
  3. Conclus : une famille libre de n vecteurs dans un espace de dimension n est une base.

Exemple résolu. Dans ℝ₂[X], la famille (1, X − 1, (X − 1)²) a 3 éléments et dim ℝ₂[X] = 3. Ses degrés sont 0, 1 et 2, deux à deux distincts : une famille de polynômes non nuls de degrés deux à deux distincts est libre. C’est donc une base.

Le piège. Conclure « base » après la seule liberté sans avoir comparé le nombre de vecteurs à la dimension, ou appliquer l’argument en dimension infinie, où il ne vaut pas.

Au concours, d’après les jurys.

  • Centrale-Supélec 2024 · Mathématiques 1 PSI · Q22 « Dans la question 22, beaucoup de candidats ont affirmé que l’orthogonalité impliquait la liberté ! » rapport, p. 14 · la question, p. 3
Montrer que deux sous-espaces sont supplémentairesOn veut E = F ⊕ G, souvent pour décomposer un vecteur ou définir un projecteur.
  1. En dimension finie : montre F ∩ G = {0}, puis dim F + dim G = dim E.
  2. Sinon, par analyse-synthèse : suppose x = f + g avec f ∈ F et g ∈ G, et exprime f et g en fonction de x ; l’analyse donne l’unicité.
  3. Synthèse : vérifie que les f et g trouvés sont bien dans F et G et que leur somme vaut x ; c’est l’existence.

Exemple résolu. Dans Mₙ(ℝ), avec Sₙ les matrices symétriques et Aₙ les antisymétriques : si M = S + A, alors Mᵀ = S − A, donc S = (M + Mᵀ)/2 et A = (M − Mᵀ)/2. Réciproquement, ces deux matrices sont symétrique et antisymétrique, et leur somme vaut M. Donc Mₙ(ℝ) = Sₙ ⊕ Aₙ.

Le piège. Ne montrer qu’une des deux propriétés, F + G = E ou F ∩ G = {0}, sans la compléter par l’autre ou par l’égalité des dimensions.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2025 · Oral MP, MPI · supplémentaires « En dimension infinie, pour prouver que deux sous-espaces vectoriels sont supplémentaires sur E, peu de candidats ne pensent pas assez rapidement à raisonner par analyse et synthèse ou quand ils y pensent, la phase de synthèse ou vérification que la décomposition obtenue convient, est très souvent oubliée. » rapport, p. 7
  • CCINP 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Sous-espaces supplémentaires « En dimension infinie, pour prouver que deux sous-espaces vectoriels sont supplémentaires sur E, peu de candidats ne pensent pas assez rapidement à raisonner par analyse et synthèse ou quand ils y pensent, la phase de synthèse ou vérification que la décomposition obtenue convient, est très souvent oubliée. » rapport, p. 7
  • Polytechnique 2025 · Mathématiques PC · Q16 « Dans l'application de cette formule, on remarque qu'un nombre non négligeable de candidats confond la somme de deux sous-espaces vectoriels avec leur union. » rapport, p. 4 · la question, p. 5

Réduction

Montrer qu’une matrice est diagonalisableL’énoncé donne une relation vérifiée par A, ou demande de réduire A.
  1. Si A annule un polynôme scindé à racines simples, A est diagonalisable, et ses valeurs propres sont parmi les racines.
  2. Sinon, calcule le polynôme caractéristique : s’il est scindé et que, pour chaque valeur propre, la dimension du sous-espace propre égale la multiplicité, A est diagonalisable.
  3. Raccourcis : n valeurs propres distinctes suffisent ; une matrice symétrique réelle est diagonalisable dans une base orthonormée (théorème spectral).

Exemple résolu. Si A² = A, le polynôme X² − X = X(X − 1) annule A ; il est scindé à racines simples, donc A est diagonalisable, semblable à une matrice diagonale de 0 et de 1. Conséquence : son rang est égal à sa trace.

Le piège. Prendre « n valeurs propres distinctes » pour une condition nécessaire : Iₙ est diagonalisable avec une seule valeur propre. Et le théorème spectral ne vaut que pour les matrices symétriques réelles.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2026 · Mathématiques PSI · réduction « Lacunes profondes : critères de diagonalisabilité mal maîtrisés, sev stables de dimension 1 non identifiés aux droites propres, unicité rarement démontrée, conditions de somme directe mal comprises. » rapport, p. 2
  • Mines-Ponts 2026 · Mathématiques 1 PSI · Q13 « Question traitée avec succès dans les bonnes copies ; on note toutefois trop souvent une confusion entre multiplicité d’une valeur propre et dimension du sous-espace propre associé. » rapport, p. 73
  • CCINP 2025 · Mathématiques 2 MP, MPI · diagonalisabilité « Avoir un polynôme caractéristique simplement scindé est une condition suffisante de diagonalisabilité mais elle n’est pas nécessaire. » rapport, p. 3
Montrer qu’une matrice est diagonalisable, avec les outils de la BCPSTL’énoncé demande si A est diagonalisable, ou de la diagonaliser.
  1. Trouve les valeurs propres : λ est valeur propre si A − λI n’est pas inversible, c’est-à-dire si rg(A − λI) < n. Pour une matrice triangulaire, ce sont les coefficients diagonaux.
  2. Pour chaque valeur propre, calcule la dimension du sous-espace propre par le théorème du rang : dim ker(A − λI) = n − rg(A − λI).
  3. A est diagonalisable si et seulement si la somme de ces dimensions vaut n. Si A a n valeurs propres distinctes, elle l’est.
  4. Pour diagonaliser, juxtapose des bases des sous-espaces propres : la famille obtenue est libre. Si elle compte n vecteurs, la matrice P qu’ils forment est inversible et P⁻¹AP est diagonale, avec les valeurs propres dans l’ordre des colonnes de P.
  5. Une matrice symétrique réelle est diagonalisable (théorème spectral).

Exemple résolu. A = (1 1 ; 0 1) est triangulaire : sa seule valeur propre est 1. A − I₂ = (0 1 ; 0 0) est de rang 1, donc le sous-espace propre associé à 1 est de dimension 2 − 1 = 1. La somme des dimensions vaut 1 < 2 : A n’est pas diagonalisable.

Le piège. Chercher les valeurs propres avec un polynôme annulateur : la notion est hors programme en BCPST. Le rapport Agro-Véto 2023 relève aussi des opérations illicites sur les lignes, qui doivent être écrites sous la forme Li ← …, et regrette que trop peu de candidats s’étonnent de trouver quatre valeurs propres ou un sous-espace propre réduit au vecteur nul.

Au concours, d’après les jurys.

  • Agro-Véto 2023 · Méthodes de calcul et raisonnement BCPST · Réduction d’une matrice « De nombreuses erreurs de calculs, des opérations illicites (rappelons que les opérations effectuées doivent figurer sur la copie sous la forme Li ← ...) et une mauvaise maîtrise des nombres complexes. » rapport, p. 4
Trouver les valeurs propres sans calculer le polynôme caractéristiqueLa matrice a une structure : relation polynomiale, rang faible, sommes de lignes constantes.
  1. Toute valeur propre est racine de tout polynôme annulateur : la liste des candidates est courte.
  2. Le rang donne la dimension du noyau, donc celle du sous-espace propre associé à 0.
  3. Dans ℂ, la trace est la somme des valeurs propres et le déterminant leur produit, comptées avec multiplicité.
  4. Teste des vecteurs simples : si toutes les lignes ont la même somme s, le vecteur (1, …, 1) est propre pour s.

Exemple résolu. J, matrice n × n (n ≥ 2) dont tous les coefficients valent 1 : J² = nJ, donc les valeurs propres sont dans {0, n}. J est de rang 1, donc le sous-espace propre de 0 est de dimension n − 1. La trace vaut n : n est valeur propre simple, de vecteur propre (1, …, 1), et J est diagonalisable.

Le piège. Croire que toute racine d’un polynôme annulateur est valeur propre : X(X − 1) annule Iₙ, mais 0 n’est pas valeur propre de Iₙ.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Multiplicité et sous-espace propre « En fait, pour de trop nombreux candidats, la confusion entre multiplicité d’une valeur propre dans le polynôme caractéristique et dimension du sous-espace propre associé est fréquente. » rapport, p. 8
  • Centrale-Supélec 2025 · Mathématiques 2 MP, MPI · Q2 « De plus, beaucoup trop de candidats semblent penser que si une matrice carrée A vérifie P (A) = 0 pour un certain polynôme non constant P , alors toutes les racines de P sont des valeurs propres de A. » rapport, p. 16 · la question, p. 2
  • Centrale-Supélec 2025 · Mathématiques 2 MP, MPI · Q11 « Signalons que l’égalité de spectre d’une somme de matrices Sp(A + B) = Sp(A) + Sp(B) est un mythe (hormis si A ou B est une matrice scalaire). » rapport, p. 18 · la question, p. 3
Calculer avec l’exponentielle de matricesexp(A) intervient, dans un système différentiel ou un groupe de matrices, souvent avec une somme ou un produit.
  1. exp(A) = ∑ Aᵏ/k!, série absolument convergente dans Mₙ(ℝ) ou Mₙ(ℂ).
  2. exp(A + B) = exp(A) exp(B) seulement si A et B commutent : vérifie AB = BA avant de l’écrire.
  3. Si A = PDP⁻¹, alors exp(A) = P exp(D) P⁻¹ ; si N est nilpotente d’indice p, la série s’arrête : exp(N) = I + N + … + N^{p−1}/(p − 1)!.
  4. exp(A) est inversible, d’inverse exp(−A), et det exp(A) = e^{tr A}.

Exemple résolu. A = (1 1 ; 0 1) = I₂ + N, avec N = (0 1 ; 0 0) et N² = 0. I₂ et N commutent, donc exp(A) = exp(I₂) exp(N) = e(I₂ + N) = (e e ; 0 e).

Le piège. Écrire exp(A + B) = exp(A) exp(B) sans vérifier que A et B commutent, ou croire qu’une suite exp(Bₖ) bornée impose Bₖ bornée : les matrices 2iπk·Iₙ ont toutes pour exponentielle Iₙ.

Au concours, d’après les jurys.

  • Mines-Ponts 2026 · Mathématiques 2 MP, MPI · Q28 « Il ne fallait pas oublier de préciser que les matrices N et D commutaient pour pouvoir affirmer que l’exponentielle de la somme était le produit des exponentielles. » rapport, p. 68
  • Polytechnique 2024 · Mathématiques B MP, MPI · exponentielle « Rappelons que la relation exp(D + N ) = exp(D) exp(N ) nécessite que D et N commutent. » rapport, p. 7
  • Polytechnique 2024 · Mathématiques B MP, MPI · Q13 « Une erreur assez fréquente ici est de dire que si une suite exp(Bk ) est bornée, alors la suite Bk aussi. » rapport, p. 6 · la question, p. 5

Algèbre euclidienne

Montrer qu’une matrice est orthogonaleOn te donne une matrice réelle carrée et on demande si elle est orthogonale, ou on travaille dans O(n).
  1. Le plus rapide : vérifie que les colonnes forment une famille orthonormée (chaque colonne de norme 1, deux colonnes distinctes orthogonales).
  2. Sinon, calcule AᵀA et compare-le à Iₙ.
  3. Récolte : A⁻¹ = Aᵀ, det A = ±1, et A conserve la norme et le produit scalaire.

Exemple résolu. A = (1/3)·(1 2 2 ; 2 1 −2 ; 2 −2 1). Chaque colonne a pour norme √(1 + 4 + 4)/3 = 1, et les produits scalaires des colonnes deux à deux valent (2 + 2 − 4)/9, (2 − 4 + 2)/9 et (4 − 2 − 2)/9, tous nuls. A est orthogonale ; comme elle est aussi symétrique, A⁻¹ = Aᵀ = A.

Le piège. Conclure avec det A = ±1 : c’est nécessaire, pas suffisant. La matrice diagonale diag(2, 1/2) a pour déterminant 1 et n’est pas orthogonale.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2025 · Oral MP, MPI · matrice orthogonale « Une caractérisation très souvent efficace est que A est orthogonale si et seulement si les colonnes de A forment une famille orthonormée. » rapport, p. 9
  • Mines-Ponts 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Matrices orthogonales « Pour certains candidats, la seule caractérisation des matrices orthogonales est M M T = In , alors que pour de nombreux exercices l’utilisation des propriétés sur les lignes et colonnes est nettement plus performante. » rapport, p. 10
  • Mines-Ponts 2024 · Mathématiques 2 PC · Q2 « Le plus simple était de dire que les colonnes (ou les lignes) constituent une famille orthonormale. » rapport, p. 87
Montrer qu’une application est un produit scalaireφ(f, g) est défini par une intégrale ou une somme, et on demande si c’est un produit scalaire.
  1. Bien défini : l’intégrale ou la série converge pour tout couple, souvent grâce à |fg| ⩽ (f² + g²)/2.
  2. Symétrique, puis linéaire à gauche : la bilinéarité suit par symétrie.
  3. Positif : φ(f, f) ⩾ 0.
  4. Défini : si φ(f, f) = 0, l’intégrale nulle d’une fonction continue et positive impose f² = 0 sur l’intervalle ; pour des polynômes, une infinité de racines impose P = 0.

Exemple résolu. Sur ℝ[X], φ(P, Q) = ∫₀^{+∞} P(t)Q(t)e^{−t} dt. L’intégrale converge : P(t)Q(t)e^{−t} est négligeable devant 1/t² en +∞ (croissances comparées). Symétrie et linéarité sont immédiates, et φ(P, P) ⩾ 0. Si φ(P, P) = 0, la fonction continue et positive t ↦ P(t)²e^{−t} est nulle sur [0, +∞[ ; P a une infinité de racines, donc P = 0.

Le piège. Oublier de justifier que l’intégrale existe, ou oublier la continuité dans l’argument « intégrale nulle d’une fonction positive » : une fonction positive non continue peut avoir une intégrale nulle sans être nulle.

Au concours, d’après les jurys.

  • Centrale-Supélec 2024 · Mathématiques 1 PSI · Q19 « […] il ne faut pas oublier de justifier l’existence de l’intégrale définissant le produit scalaire ; il ne faut pas oublier non plus l’hypothèse de continuité pour le caractère défini du produit scalaire […]. » rapport, p. 14 · la question, p. 2
  • Mines-Ponts 2023 · Mathématiques 2 PC · Q12 « Nous aimerions voir écrit clairement qu’une somme de réels positifs est nulle si et seulement si chaque terme est nul. » rapport, p. 81

Suites et séries

Étudier une série à termes positifsLe terme général uₙ est positif, au moins à partir d’un certain rang.
  1. Si uₙ ne tend pas vers 0, la série diverge grossièrement.
  2. Cherche un équivalent ou une majoration par une série de référence : ∑ 1/n^α converge si et seulement si α > 1 ; ∑ qⁿ converge si et seulement si |q| < 1.
  3. Si le terme contient des factorielles ou des puissances n-ièmes, essaie la règle de d’Alembert sur uₙ₊₁/uₙ.
  4. Si uₙ = f(n) avec f monotone, compare la somme à l’intégrale de f.

Exemple résolu. uₙ = ln(1 + 1/n²) est positif et équivalent à 1/n². La série de Riemann ∑ 1/n² converge (α = 2 > 1), donc ∑ uₙ converge.

Le piège. Utiliser un équivalent pour une série de signe variable : (−1)ⁿ/√n et (−1)ⁿ/√n + 1/n sont équivalents, mais la première série converge et la seconde diverge.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2026 · emlyon ECG · séries « Pour les questions de convergence de séries, il est pertinent d’utiliser les outils de comparaison. Il faut néanmoins comparer les termes généraux des séries et pas les séries elles-mêmes. » rapport, p. 3
  • CCINP 2026 · Mathématiques PC · Q30 « Q30 – Les valeurs absolues sont souvent oubliées lors de l’application de la règle de d’Alembert. » rapport, p. 3
  • CCINP 2025 · Oral MP, MPI · d’Alembert « Trop de candidats pensent encore que si <1 (oubli de passage à la limite) alors, d’après un d’Alembert, la série de terme général un converge. » rapport, p. 5
Étudier une suite récurrente uₙ₊₁ = f(uₙ)La suite est définie par son premier terme et une fonction f.
  1. Trouve un intervalle I stable par f et contenant u₀ : tous les termes y restent.
  2. Étudie le signe de f(x) − x sur I : positif, la suite est croissante ; négatif, décroissante.
  3. Une suite monotone et bornée converge.
  4. Si f est continue sur I et que la limite ℓ appartient à I, alors f(ℓ) = ℓ : la limite est un point fixe.

Exemple résolu. u₀ = 1 et uₙ₊₁ = √(2 + uₙ). L’intervalle [0, 2] est stable. Sur [0, 2], √(2 + x) ≥ x, car x² − x − 2 = (x − 2)(x + 1) ≤ 0 : la suite est croissante et majorée par 2, donc converge vers ℓ ∈ [1, 2] avec √(2 + ℓ) = ℓ, soit ℓ = 2.

Le piège. Écrire f(ℓ) = ℓ avant d’avoir prouvé la convergence, ou croire que « f croissante » rend la suite croissante : elle la rend monotone, et le sens dépend du signe de u₁ − u₀.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · suite récurrente « c) Le fait que la suite (un) admette nécessairement une limite est rarement justifié. » rapport, p. 2
  • Agro-Véto 2024 · Modélisation mathématique et informatique BCPST · Suite croissante majorée « — Il est souvent affirmé que « la suite est croissante est majorée par S donc elle converge vers S », alors que cela prouve seulement la convergence. » rapport, p. 3
  • Polytechnique 2023 · Mathématiques PC · Q6 « Une majorité de candidats a incorrectement déduit l'unicité du point fixe à partir de l'unicité de la limite. » rapport, p. 2 · la question, p. 3
Manipuler les équivalents sans se tromperOn cherche un équivalent d’une suite ou d’une fonction, pour une limite ou la nature d’une série.
  1. Produits, quotients et puissances fixées se transmettent : si u ∼ v et w ∼ z, alors uw ∼ vz et u/w ∼ v/z.
  2. Sommes, différences et compositions ne se transmettent pas : passe par un développement limité ou asymptotique, avec un o( ) écrit.
  3. Pour l’exponentielle, e^{u} ∼ e^{v} équivaut à u − v → 0 ; pour le logarithme, factorise d’abord : ln(n + 1) = ln n + ln(1 + 1/n).
  4. Pour prouver u ∼ v, montre que u/v tend vers 1, v ne s’annulant pas à partir d’un certain rang.

Exemple résolu. n + √n ∼ n, mais e^{n + √n} n’est pas équivalent à e^{n} : leur quotient vaut e^{√n}, qui tend vers +∞. De même, (n + 1)^{n+1} n’est pas équivalent à n^{n+1} : leur quotient (1 + 1/n)^{n+1} tend vers e, pas vers 1.

Le piège. Passer un équivalent à l’exponentielle, soustraire deux équivalents, ou annoncer un équivalent nul : seule une suite nulle à partir d’un certain rang est équivalente à 0.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2025 · emlyon ECG · Problème 1, question 7 « La Question 7. du Problème 1 a permis de mettre en lumière d’énormes difficultés pour une majorité de candidat.e.s à manipuler correctement (et sans écrire de réelles horreurs) les équivalents. » rapport, p. 3
  • Mines-Ponts 2025 · Mathématiques 2 PC · Q19 « Attention, affirmer que ln(n + 1) est équivalent en l’infini à ln(n) sans le justifier par une factorisation dans le logarithme, sera considéré comme une composition d’équivalent et sanctionné. » rapport, p. 72
  • Mines-Ponts 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Développements limités « Les développements limités classiques sont en général bien connus, mais il manque souvent le o, dans les opérations les ordres ne sont pas respectés et il y a presque toujours des erreurs de calcul. » rapport, p. 9
Encadrer une somme par des intégralesLe terme général s’écrit f(k) avec f monotone, et on veut la nature de la série ou un équivalent de la somme partielle.
  1. Dis que f est monotone (et continue par morceaux) sur l’intervalle utile : tout repose là-dessus.
  2. Si f est décroissante, pour t dans [k, k + 1] on a f(k + 1) ⩽ f(t) ⩽ f(k) ; en intégrant, f(k + 1) ⩽ ∫ₖ^{k+1} f ⩽ f(k).
  3. Somme ces inégalités sur k : les intégrales se recollent par la relation de Chasles.
  4. Si les deux bornes obtenues sont équivalentes, la somme leur est équivalente.

Exemple résolu. Hₙ = 1 + 1/2 + … + 1/n. La fonction t ↦ 1/t est décroissante sur [1, +∞[, donc 1/k ⩾ ∫ₖ^{k+1} dt/t pour k ⩾ 1 et 1/k ⩽ ∫_{k−1}^k dt/t pour k ⩾ 2. En sommant : ln(n + 1) ⩽ Hₙ ⩽ 1 + ln n. Or ln(n + 1) = ln n + ln(1 + 1/n), donc ln(n + 1) ∼ ln n, et 1 + ln n ∼ ln n : Hₙ ∼ ln n.

Le piège. Inverser les bornes (écrire ln(n + 1) ⩽ Hₙ ⩽ ln n, qui est impossible), ou affirmer ln(n + 1) ∼ ln n sans factoriser dans le logarithme. En PC, aucun théorème de comparaison série-intégrale n’est à citer : l’encadrement se déroule à chaque fois.

Au concours, d’après les jurys.

  • Mines-Ponts 2025 · Mathématiques 2 PC · Q19 « Si la méthode semble identifiée par les candidats, sa mise en place se révèle souvent laborieuse, avec beaucoup d’erreurs dans les inégalités successives et leurs sommations. » rapport, p. 72
  • Mines-Ponts 2024 · Mathématiques 2 PSI · Q3-Q4 « […] la plupart des candidats ne comprenant pas que l’observation de la monotonie devait les pousser à tenter une comparaison somme-intégrale. » rapport, p. 91

Intégration

Justifier qu’une fonction est intégrableL’intégrale porte sur un intervalle ouvert ou non borné.
  1. Vérifie la continuité par morceaux sur l’intervalle ouvert, puis traite chaque borne séparément.
  2. Références : au voisinage de +∞, t ↦ 1/t^α est intégrable si et seulement si α > 1 ; au voisinage de 0, si et seulement si α < 1.
  3. Compare |f| à une référence : majoration, équivalent (pour une fonction de signe constant), ou t^β·|f(t)| → 0 en +∞ avec β > 1.

Exemple résolu. f(t) = exp(−t)/√t sur ]0, +∞[ : en 0, f(t) ∼ 1/√t, intégrable car α = 1/2 < 1 ; en +∞, t²·f(t) = t^(3/2)·exp(−t) → 0, donc f est négligeable devant 1/t², intégrable. f est intégrable sur ]0, +∞[.

Le piège. Traiter les deux bornes d’un seul argument, ou oublier la valeur absolue : l’intégrabilité porte sur |f|.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2026 · Mathématiques PSI · intégrales (environ la moitié des copies) « […] continuité de l’intégrande souvent passée sous silence […] » rapport, p. 3
  • Polytechnique 2026 · Mathématiques B MP, MPI · intégrales « En effet, c’est la majoration de l’intégrale de valeur absolue qui permet de montrer la convergence, et pas de la valeur absolue de l’intégrale. » rapport, p. 2
  • CCINP 2025 · Mathématiques PC · Q14 « Exercice 2 (Les polynômes de Hermite) : Q14 – Peu de candidats pensent à mentionner la continuité par morceaux de la fonction intégrée, alors qu’il s’agit de la première chose à faire. » rapport, p. 2 · la question, p. 4
Justifier la convergence d’une intégrale généralisée, avec les outils de la BCPSTUne intégrale porte sur un intervalle non borné, ou sur un intervalle où la fonction n’est pas définie en une borne.
  1. Repère les bornes à étudier : la fonction est continue sur l’intervalle ; si elle se prolonge par continuité en une borne finie, cette borne ne pose pas de problème.
  2. En une borne où la fonction est positive, compare-la à une fonction de référence, par majoration (f ≤ g) ou par équivalent (f ∼ g) : ce sont les deux critères du programme.
  3. Démontre la convergence de l’intégrale de référence avec une primitive : le programme ne donne pas de résultat général sur les intégrales de Riemann.
  4. Si la fonction change de signe, montre la convergence absolue : elle suffit.

Exemple résolu. ∫₁^{+∞} dt/(t² + t). Sur [1, +∞[, la fonction est continue et 0 ≤ 1/(t² + t) ≤ 1/t². Pour A > 1, ∫₁^A dt/t² = 1 − 1/A tend vers 1 : ∫₁^{+∞} dt/t² converge, donc ∫₁^{+∞} dt/(t² + t) aussi. Avec 1/(t² + t) = 1/t − 1/(t + 1), ∫₁^A dt/(t² + t) = ln(A/(A + 1)) + ln 2, qui tend vers ln 2.

Le piège. Citer « ∫ dt/t^α converge si et seulement si α > 1 » comme un résultat du cours : le programme demande de démontrer tout résultat sur les intégrales de Riemann. Et le critère par équivalent ne vaut que pour des fonctions de signe constant. Le rapport Agro-Véto 2024 rappelle qu’un changement de variable donné par l’énoncé doit encore être justifié sur une intégrale généralisée.

Justifier qu’une intégrale à paramètre est continue ou dérivableF(x) = ∫ f(x, t) dt sur un intervalle I, et on demande la continuité ou la dérivabilité de F.
  1. Pour chaque x, t ↦ f(x, t) est continue par morceaux sur I ; pour chaque t, x ↦ f(x, t) est continue (ou de classe C¹) sur l’intervalle A des paramètres.
  2. Domination : trouve φ intégrable sur I, qui ne dépend pas de x, avec |f(x, t)| ⩽ φ(t) pour tous x et t. Pour la dérivabilité, domine |∂f/∂x(x, t)| de la même façon, et vérifie que t ↦ f(x, t) est intégrable pour chaque x.
  3. Si la domination échoue sur tout A, fais-la sur chaque segment [a, b] inclus dans A : continuité et dérivabilité sont locales, elles passent à tout A.
  4. Conclus : F est continue, ou de classe C¹ avec F′(x) = ∫ ∂f/∂x(x, t) dt.

Exemple résolu. F(x) = ∫₀^{+∞} e^{−xt}/(1 + t²) dt pour x ⩾ 0. Continuité : |e^{−xt}/(1 + t²)| ⩽ 1/(1 + t²), intégrable sur [0, +∞[ et indépendante de x, donc F est continue sur [0, +∞[. Dérivabilité : ∂f/∂x(x, t) = −t e^{−xt}/(1 + t²). Pour x ⩾ a > 0, |∂f/∂x| ⩽ t e^{−at}, intégrable : F est de classe C¹ sur ]0, +∞[ et F′(x) = −∫₀^{+∞} t e^{−xt}/(1 + t²) dt.

Le piège. Un majorant qui dépend encore de x ne domine rien. Ici, en x = 0, t/(1 + t²) n’est pas intégrable : on ne peut dominer la dérivée que sur [a, +∞[. Et la domination sur un segment sert à la continuité, pas à une limite en +∞.

Au concours, d’après les jurys.

  • Mines-Ponts 2026 · Mathématiques 1 MP, MPI · Q7 « Les hypothèses de régularités étaient assez souvent justifiées mais l’hypothèse de domination, pour laquelle les hypothèses de l’énoncé étaient légèrement insuffisantes a souvent été carrément oubliée. » rapport, p. 63
  • CCINP 2025 · Mathématiques PC · Q17 « Q17 – Beaucoup de candidats tentent d’appliquer maladroitement le théorème de dérivation pour une intégrale à paramètre, alors qu’il s’agissait principalement de mentionner le théorème fondamental de l’intégration. » rapport, p. 2 · la question, p. 4
  • CCINP 2025 · Oral de mathématiques MP-MPI MP, MPI · Intégrale à paramètre « Et certains continuent, pour l’hypothèse de domination, à majorer trop souvent par une fonction qui dépend encore des deux variables de la fonction initiale. » rapport, p. 7
Intervertir limite et intégraleOn cherche la limite de Iₙ = ∫ fₙ, et les fₙ convergent simplement.
  1. Vérifie que chaque fₙ est continue par morceaux et que fₙ converge simplement vers une fonction f continue par morceaux.
  2. Trouve φ intégrable, indépendante de n, telle que |fₙ(t)| ≤ φ(t) pour tout n et tout t.
  3. Conclus par le théorème de convergence dominée : Iₙ tend vers ∫ f.

Exemple résolu. Iₙ = ∫ de 0 à +∞ de dt/(1 + tⁿ), pour n ≥ 2. La limite simple vaut 1 sur [0, 1[, 1/2 en 1 et 0 sur ]1, +∞[. Domination : φ(t) = 1 sur [0, 1] et φ(t) = 1/t² sur ]1, +∞[, car tⁿ ≥ t² pour t > 1. φ est intégrable, donc Iₙ → ∫ de 0 à 1 de dt = 1.

Le piège. Une domination qui dépend de n ne prouve rien : « |fₙ(t)| ≤ n·exp(−nt) » ne permet pas de conclure.

Au concours, d’après les jurys.

  • CCINP 2025 · Mathématiques PC · Q30 « Q30 – Il est indispensable de s’appuyer sur un théorème du cours et d’en vérifier les hypothèses pour pouvoir intervertir l’intégrale et la somme. » rapport, p. 3 · la question, p. 6
  • Mines-Ponts 2025 · Mathématiques 2 PC · Q6 « Ici encore, une simple majoration suffisait alors que la majorité des copies utilisaient un théorème de convergence dominée, ce qui a parfois entraîné des erreurs. » rapport, p. 71
  • Mines-Ponts 2024 · Mathématiques 1 MP, MPI · Q9-Q10 « La meilleure solution consistait à faire un contrôle de reste, technique à laquelle on peut penser en présence d’une série alternée. » rapport, p. 75

Probabilités

Calculer une espérance avec des indicatricesX compte le nombre d’événements réalisés parmi A₁, …, Aₙ.
  1. Écris X = 1(A₁) + … + 1(Aₙ), où 1(A) vaut 1 si A est réalisé et 0 sinon.
  2. Par linéarité, E(X) = P(A₁) + … + P(Aₙ), sans aucune hypothèse d’indépendance.
  3. Pour la variance, développe : V(X) est la somme des variances plus deux fois la somme des covariances Cov(1(Aᵢ), 1(Aⱼ)) pour i < j.

Exemple résolu. n lettres sont glissées au hasard dans leurs n enveloppes. Avec Aᵢ = « la lettre i est dans sa bonne enveloppe », P(Aᵢ) = 1/n, donc le nombre moyen de lettres bien placées vaut n × 1/n = 1, quel que soit n.

Le piège. Croire que la linéarité de l’espérance demande l’indépendance. C’est la variance d’une somme qui en a besoin, ou au moins des covariances nulles.

Calculer une probabilité par la formule des probabilités totalesL’événement dépend de ce qui s’est passé avant : urne choisie, tirage précédent, état à l’instant n − 1.
  1. Nomme un système complet d’événements (A₁, …, Aₙ) : deux à deux incompatibles et de réunion Ω.
  2. Écris P(B) = P(A₁) P(B | A₁) + … + P(Aₙ) P(B | Aₙ), en sommant sur tous les cas, chacun de probabilité non nulle.
  3. Pour une suite d’états (Xₙ), le système complet est formé des événements (Xₙ₋₁ = j), pour toutes les valeurs j possibles.

Exemple résolu. Urne 1 : 2 boules blanches et 1 noire ; urne 2 : 1 blanche et 3 noires. On choisit l’urne 1 avec probabilité 1/3, l’urne 2 avec probabilité 2/3, puis on tire une boule. Avec le système complet (U₁, U₂) : P(B) = (1/3)(2/3) + (2/3)(1/4) = 2/9 + 1/6 = 7/18.

Le piège. Oublier la somme sur tous les états précédents, ou écrire « A | B » comme s’il s’agissait d’un événement : seule P(A | B) a un sens.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2026 · ESSEC (maths 2) ECG · question 9 « Dans la question 9, la formule des probabilités totales n'est pas souvent évoquée (et un système complet d'événements). » rapport, p. 3
  • BCE 2026 · emlyon ECG · événements et probabilités « Il est fréquent de voir des intersections de probabilités ou des sommes d’événements ce qui n’a bien sûr pas de sens. » rapport, p. 4
  • CCINP 2025 · Oral PSI · probabilités conditionnelles « Probabilités Les définitions et notations doivent être maîtrisées : la distinction entre A ∩ B et A│B est souvent mal faite. » rapport, p. 3
Trouver la loi d’un minimum ou d’un maximumOn étudie max(X₁, …, Xₙ) ou min(X₁, …, Xₙ) de variables indépendantes.
  1. Passe par les événements « ≤ » ou « > » : {max ≤ x} est l’intersection des {Xᵢ ≤ x}, et {min > x} celle des {Xᵢ > x}.
  2. Par indépendance, P(max ≤ x) est le produit des P(Xᵢ ≤ x), et P(min > x) le produit des P(Xᵢ > x).
  3. Déduis-en la loi : différence de deux valeurs consécutives dans le cas discret, dérivée de la fonction de répartition dans le cas à densité.

Exemple résolu. X et Y indépendantes, de lois géométriques de paramètres p et q sur ℕ* : P(X > k) = (1 − p)^k, donc P(min(X, Y) > k) = [(1 − p)(1 − q)]^k. Le minimum suit la loi géométrique de paramètre 1 − (1 − p)(1 − q).

Le piège. Écrire P(max = x) comme le produit des P(Xᵢ = x) : le produit vaut pour les événements « ≤ », pas « = ».

Majorer une probabilité : Markov et Bienaymé-TchebychevOn veut une borne sur P(X ≥ a) ou sur un écart à la moyenne, sans connaître la loi exacte.
  1. Markov : si X ≥ 0 et a > 0, P(X ≥ a) ≤ E(X)/a.
  2. Bienaymé-Tchebychev : si X admet une variance, P(|X − E(X)| ≥ ε) ≤ V(X)/ε² pour tout ε > 0.
  3. La moyenne de n variables indépendantes de même loi, de variance σ², a pour variance σ²/n : c’est le ressort de la loi faible des grands nombres.

Exemple résolu. 1 000 lancers d’une pièce équilibrée, fréquence F de pile : E(F) = 1/2 et V(F) = 1/(4 × 1 000). Donc P(|F − 1/2| ≥ 0,05) ≤ (1/4 000)/0,05² = 0,1.

Le piège. Appliquer Markov à une variable qui peut être négative, ou prendre la borne pour une estimation : elle majore, souvent largement.

Au concours, d’après les jurys.

  • BCE 2026 · ESSEC (maths 2) ECG · inégalité de Markov « La plupart des candidats ne se soucient pas de la positivité de la variable à laquelle ils appliquent la formule de Markov. » rapport, p. 3
  • CCINP 2025 · Mathématiques PSI · Bienaymé-Tchebychev « L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev est connue, mais trop peu de candidats rappellent l’énoncé général et l’appliquent directement au cas particulier. » rapport, p. 3
  • Mines-Ponts 2025 · Mathématiques 1 MP, MPI · Q6 « L’inégalité de Markov était indiquée, elle était en général bien connue mais souvent mal appliquée. » rapport, p. 65

Inégalités

Démontrer une inégalité entre fonctionsOn veut f(x) ≤ g(x) pour tout x d’un intervalle.
  1. Étudie h = g − f : signe de h′, puis valeur de h en un point bien choisi.
  2. Une fonction convexe est au-dessus de ses tangentes et au-dessous de ses cordes : une inégalité entre une fonction et une droite est souvent une convexité.
  3. Inégalité des accroissements finis : si |f′| ≤ M sur [a, b], alors |f(b) − f(a)| ≤ M·|b − a|.

Exemple résolu. Pour tout x > −1, ln(1 + x) ≤ x : la fonction x ↦ ln(1 + x) est concave, et y = x est sa tangente en 0. Même argument pour exp(x) ≥ 1 + x, avec la convexité de l’exponentielle.

Le piège. Conclure du seul signe de h′ sans évaluer h en un point : h croissante ne dit pas que h est positive.

Au concours, d’après les jurys.

  • Mines-Ponts 2023 · Mathématiques 2 PSI · Q12 « On rappelle que l’inégalité ∀x ∈ R, ex ≥ 1 + x figure explicitement au programme, et qu’il était donc judicieux de la citer sous cette forme puis d’indiquer qu’on l’applique à −λ. » rapport, p. 84

Ce que dit le jury

Citations des rapports de jury, qui sont des documents publics. Ta filière peut avoir d’autres jurys : vérifie le rapport de ton concours.

« Beaucoup de candidats n’ont pas assez de rigueur dans leurs réponses. Les correcteurs attendent des points précis : des justifications du style « d’après un théorème du cours » sont insuffisantes. »

Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filières MP et MPI, épreuve de mathématiques

Nomme le théorème que tu appliques. Une justification vague est traitée comme une absence de justification.

« La longueur d’un sujet ne saurait justifier d’écrire très rapidement des réponses de type brouillon (en particulier, les quantificateurs ∃ et ∀ ne doivent pas être utilisés dans des phrases en français, tout comme des abréviations comme « Thm »). »

Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filières MP et MPI, épreuve de mathématiques

Le manque de temps n’est pas une circonstance atténuante aux yeux du correcteur. Écris moins, mais écris en français.

« Comme chaque année, on conseille de mettre en avant les hypothèses d’un théorème avant de l’appliquer directement. »

Rapport du jury Centrale-Supélec 2025, filières MP et MPI, épreuve de mathématiques

« Comme chaque année » : c’est le conseil le plus répété et le moins suivi. Écrire les hypothèses évite aussi d’appliquer un théorème qui ne s’applique pas.

« Une formulation vague du type “d’après les résultats précédents” ou encore “d’après les résultats de la partie 1” n’est pas suffisamment précise pour être valorisée. »

Rapport du jury 2025, École polytechnique, filière MP-MPI, épreuve écrite de mathématiques A

Cite la question et le résultat : « d’après Q7, u est nilpotent ». La formule vague ne rapporte aucun point, même quand le raisonnement est juste.

Les pièges

Là où les professeurs divergent

Deux méthodes défendables. En cas de doute, suis celle de ton professeur.

Jusqu’où détailler ?

Les professeurs divergent sur le niveau de détail attendu pour les étapes élémentaires. Certains exigent la vérification explicite de chaque hypothèse, d’autres l’admettent quand elle est manifeste. Suis la consigne de ton professeur : c’est lui qui te corrige toute l’année.

DANS L’APPLICATION

Ce qu’une page web ne sait pas faire

3 exercices minutés : « Dix triptyques » (30 min), « La chasse aux quantificateurs » (15 min), « Hypothèses de mémoire » (25 min). Et une liste de contrôle qui se coche, reliée à ton calendrier de devoirs et à ton journal d’erreurs.

La fiche que tu viens de lire est intégrale : on ne garde rien pour soi. L’application ajoute ce qui demande d’être minuté, coché, ou relié à ton propre travail.

Les autres méthodes

La dissertation, pas à pas · Philosophie · faire surgir le problème · Khôlle · avant, pendant, après · Lire les textes eux-mêmes · Cartes et rappel actif, bien réglés · Fatigue, stress : repérer les signaux, demander de l’aide · Maths · sécuriser les débuts, exploiter les annales · Sciences sociales · démontrer sans opinion · Physique-chimie · le contrôle avant la conclusion · Informatique · du code qu’un correcteur peut lire · S’entraîner en mêlant les chapitres · BCPST · la synthèse de biologie · Chimie · interpréter, pas décrire · Les TP de concours · réussir, puis valider · Explication de texte à l’oral · Histoire et géographie · des faits qui prouvent · Le TIPE · choisir un sujet qui tienne un an · Idées reçues sur ce qu’attend le jury · Composition française · B/L · Composition française · A/L · Culture générale · définir la notion, faire penser les œuvres